Les Girondins se mettent des oeillères pour mieux avancer

Rémi Bostsarron

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Comme si de rien n'était. Les Girondins l'assurent : leur voyage à Auxerre, demain (19 h), sera un déplacement comme les autres. Peu importe, pour eux, qu'il soit le dernier rendez-vous avant le sommet du championnat face à Lyon, à Chaban-Delmas, le 19 avril. « Si je vous dis que je n'y pense pas, je vous mens, car tout le monde m'appelle pour demander des places, sourit Laurent Blanc. Mais quand on affirme qu'on prend les matchs les uns après les autres, ce n'est pas un vain mot. On n'a pas de marge sur nos adversaires, qu'ils soient devant ou derrière nous au classement. Ce match contre Lyon sera très important, mais il ne faut pas se focaliser dessus, car faire un bon résultat contre eux ne servirait à rien si on n'en fait pas un contre Auxerre. »

Les Bordelais n'ont donc qu'une seule volonté : prendre 3 points en Bourgogne, comme lors de leurs trois dernières sorties en Ligue 1. « Le championnat va se jouer sur les résultats à l'extérieur », pronostique Fernando, de retour après quatre matchs de suspension. « Il faudra pratiquement faire un sans-faute jusqu'à la fin pour espérer obtenir quelque chose de grand, surenchérit Mathieu Chalmé. Dans la course à la Ligue des Champions, la première équipe qui aura un mauvais résultat, ce sera fini pour elle. » La forme d'Auxerre (10e) ces dernières semaines aurait de quoi faire frémir les Marine et Blanc : les hommes de Jean Fernandez n'ont perdu que deux fois au cours des neuf dernières journées et ont récemment réussi l'exploit de s'imposer à Lyon. Mais ces bons résultats ont eu pour conséquence de pratiquement assurer leur maintien et cela pourrait arranger les Girondins, qui prient pour ne pas affronter une équipe aussi défensive que Nancy, vaincu dans les dernières minutes samedi dernier (1-0).

« Les Auxerrois sont presque sauvés, ils seront chez eux, j'espère qu'ils auront l'intention de produire du jeu, car ils ont les éléments pour », lâche Laurent Blanc. Si l'entraîneur bordelais souhaite que ses joueurs bénéficient de plus d'espace que contre les Lorrains, c'est qu'il a décidé de faire du jeu, plutôt que du travail physique, le coeur de ses séances d'entraînements jusqu'à la fin de la saison. « Si on joue mal et qu'on gagne les huit derniers matchs, ça me convient, mais je pense que pour faire des résultats, il faut bien jouer, explique-t-il. On va travailler toute la semaine pour ça. Ce n'est pas une garantie, ce serait trop facile, mais c'est notre philosophie. » ■