Le foot ukrainien va bien

FOOT Les trois raisons pour lesquelles l'OM et le PSG peuvent avoir peur...

M. Go.

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Le Shakhtar Donetsk gagne 5-0 face à Bâle le 26 novembre 2008. 
Le Shakhtar Donetsk gagne 5-0 face à Bâle le 26 novembre 2008.  — Reuters

Stades neufs, danseuses brésiliennes, rêves de gloire… Les nouveaux riches ukrainiens se rêvent un destin à la Roman Abramovitch.  Et la Coupe de l’UEFA aiguise leur appétit. Ainsi cette semaine, les deux clubs français rescapés, l'OM et le PSG vont devoir affronter les cadors du championnat de l'ex-République soviétique: le Shakhtar Donetsk et le Dynamo de Kiev. Voici les 3 raisons pour lesquelles ce n’est pas forcément une bonne nouvelle.

Ces deux matchs seront à suivre en live comme-à-la-maison jeudi
 
 
Le football ukrainien se mondialise
Il y a 20 ans à peine, encore bloqués derrière le rideau de fer, les clubs ukrainiens ne comptaient quasiment aucun joueur étranger dans leur rang (à part ceux des pays frères). Cette saison, le Dynamo Kiev aligne 19 joueurs  étrangers (dont 4 Brésiliens) sur 37 joueurs pro. «Quand on voit l’effectif du Dynamo Kiev à la fois en quantité et en qualité, c’est quand même très impressionnant. J’avais eu l’occasion de visiter ce club, de l’observer de l’intérieur, et je m’étais rendu compte de la puissance, de ce club là-bas», a évoqué Paul Le Guen mercredi à la veille du match de son équipe contre le Dynamo. Même internationalisme du côté du Shakhtar Donetsk qui a recruté 10 étrangers dans ses rangs (dont 5 Brésiliens). «Les dirigeants de clubs ukrainiens ou russes viennent régulièrement superviser en Amérique du sud et ils ont l'intelligence d'engager plusieurs joueurs du même pays. Le fait de ne pas se retrouver seul favorise l'acclimatation», explique dans la «Provence» Christophe Hutteau, un agent de joueurs. Et les Français commencent à observer les effectifs ukrainiens. Pendant le mercato, l'OM a d'ailleurs débauché Brandao au Shakhtar.
 
 
Des milliardaires fans de foot et bâtisseurs de stades
A l’instar de la Russie, l’Ukraine s’est ouverte au capitalisme. Quelques hommes y ont fait fortune dans le secteur énergétique. Petits frères de Roman Abramovitch, certains d’entre eux sont fans de foot. Sauf qu’eux ont décidé d’investir dans leur pays. Ainsi Rinat Akhmetov, patron du Shakhtar, qui a accumulé une fortune estimée à 31 milliards de dollars dans le métal et le charbon. A la recherche de reconnaissance, il rêve d’imiter le Zenith et le CSKA, deux clubs de l’ancien grand frère russe, qui ont  gagné la coupe de l’UEFA en 2008 et 2005. Pour son club, il a mis en chantier un stade (toujours en construction, facture estimée à 400 millions de dollars): le Shakhtar FC Stadium.  Idem pour le Dniepropetrovsk avec son tout nouveau Dnipro Stadium, un stade de 30.000 places rutilant. Dans ces stades doivent se disputer l’Euro 2012 organisé pour la première fois de son histoire par l’Ukraine conjointement avec la Pologne. Le dernier étage de la mise en orbite du football ukrainienne. Si tous les chantiers sont terminés...
 

Un championnat de plus en plus relevé

Créé avec l’indépendance de l’Ukraine en 1991, le championnat ukrainien a longtemps été dominé par le Dynamo Kiev, un ancien double vainqueur de la Coupe des Coupes à l'époque de l’URSS quand il était parrainé par le KGB. Et même si le club de la capitale est encore une fois quasiment assuré de remporter un 13e titre de champion, il est de plus en plus concurrencé. Le Shakhtar a gagné 4 des 7 derniers championnats et un petit nouveau, le Dniepopetrovsk tape à la porte. Une concurrence qui crée de l’émulation (3 clubs en UEFA au tour précedent) et qui réussit à la sélection nationale, quart de finaliste du mondial 2006. Une ascension footballistique qui ressemble à celles de nombreux pays de l’est et qui fait écrire à Jonathan Wilson, journaliste spécialiste de foot et auteur du livre «Behind the Curtain»: «Ces nations ne sont plus assez désespérés pour chercher une légitimité par le football mais elles ne sont pas encore assez développés pour voir ce sport avec ironie.» Tout pour faire peur.