Des Dogues nourris à l'ambition

Antoine Maes

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Il fait grand beau sur le Domaine de Luchin. Et Adil Rami, plus en forme que jamais, en profite pour jeter un coup d'oeil ensoleillé dans le rétroviseur, histoire de revenir sur sa semaine avec l'équipe de France. « Avec les Bleus, ça parlait Ligue des champions. A ce moment-là, je me suis éteint... En revanche, j'ai pu parler de Bordeaux ou Lyon, vu qu'on les a tapés. » Il est ravi Rami. Sa belle saison nordiste est récompensée par un appel de Domenech. Et avec le Losc, il entamera demain un sprint de neuf matchs vers le titre. Ou la Ligue des champions, ou la Coupe UEFA, ou rien. « On laisse faire le destin. Quatrième, ce serait la pire des places. »

Cela en dit long sur les ambitions des Dogues, puisqu'échouer au pied du podium ne les botterait pas plus que ça. Lille vise donc haut, très haut. Mais le dit bas, tout bas. « Ce n'est pas parce qu'on a battu des gros qu'on va viser le titre. Tout le monde l'espère, oui. Mais si on commence à y penser, on va s'enflammer et faire n'importe quoi », prévient Rio Mavuba, autre Bleu de la semaine. Car longtemps les Dogues ont ruiné leurs ambitions à coup de contre-performance face aux « petites » équipes. « On n'a jamais fait de non-match non plus. Mais on a perdu à Auxerre (2-0), à Valenciennes (2-0)... A Nantes, samedi, il faudra être prêt, dans l'investissement, à battre une formation mal classée. Ce qu'on avait réussi à faire à Caen (0-1) », réclame Rudi Garcia. C'est son travail de coach. Doucher les enthousiasmes mais aiguiser les crocs. « Il reste encore un quart du championnat à disputer, donc ce n'est pas encore le sprint final. Mais ce serait quand même bien d'être à bloc jusqu'au bout. » ■