« Notre salut sera lié à notre maintien en National »

Recueilli par Rémi Bostsarron

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Il manque 300 000 euros à Libourne- Saint-Seurin pour boucler son budget. La survie du club est-elle en jeu ?

Il y a urgence, c'est certain. L'essentiel est de trouver assez d'argent pour faire fonctionner le club et surtout pour verser les salaires, mois après mois. Nous y parvenons, et je sais que ce n'est pas toujours le cas dans ce genre de situation. La vie se déroule donc à peu près normalement. Mais ça ne pourra pas durer longtemps. Nous risquons la cessation de paiement et le dépôt de bilan. Nous serions alors rétrogradés en championnat de district.

Où le club pourrait-il trouver l' argent ?

Je suis persuadé que l'aspect sportif sera primordial. Notre salut est lié au maintien en National. Malheureusement, nous manquons de visibilité, et nous n'en aurons pas plus avant le mois de mai, car beaucoup d'équipes sont encore concernées par cette lutte. Depuis quelques matchs, l'équipe va beaucoup mieux, et si cela se confirme, je suis sûr que l'engouement populaire peut revenir très vite. Si on a 300 spectateurs de plus, à 10 euros la place, ça change beaucoup de choses. Et puis, les investisseurs seraient aussi plus intéressés.

Avez-vous d'autres arguments pour les attirer ?

Bien sûr. Il est plus facile de les faire venir à Libourne que dans beaucoup d'autres villes représentées dans ce championnat. Nous avons le climat, la proximité de la ville d'Arcachon, les grands vins... D'ailleurs, je suis en ce moment en pourparlers avec une personne qui veut faire du business dans le vin. Et puis, nous avons nos installations, notre stade. Ici, la Ligue 2 est viable.

Alors que vous êtes en difficulté en National, vous pensez donc déjà à un retour en Ligue 2 ?

Le National, c'est invivable. Le seul intérêt, c'est qu'on a la possibilité de monter en Ligue 2. La solution, c'est de retrouver l'état d'esprit libournais.

C'est-à-dire ?

Notre truc, c'est de renverser des montagnes avec des bouts de ficelles. Quand on est monté, en 2007, on n'a pas fait du Libourne. Passer de 1,3 million à 6 millions d'euros, c'est un sacré changement de vie. Les salaires augmentent, on prend l'avion, on embauche des administratifs... On n'a pas su gérer. On ne referait pas les mêmes erreurs.

Penser à une montée, c'est être optimiste...

Je suis un éternel optimiste. Tant qu'il y a un souffle de vie, il y a de l'espoir. Cette saison, on nous a déjà enterrés plusieurs fois. Ce que font les joueurs, c'est magnifique. Ils savent qu'ils sont dans la merde, et ils se battent. Je suis très fier d'eux. Je passe des journées terribles, mais ils m'offrent une contrepartie. ■