Contador perd tout (sauf le panache)

CYCLISME En plus, Lance Armstrong lui envoie quelques tacles…

M. Go.
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 Alberto Contador lors de Paris-Nice 2009.
 Alberto Contador lors de Paris-Nice 2009. — REUTERS

Est-ce le petit message de Lance Armstrong lâché sur Twitter («Un talent fou mais encore beaucoup à apprendre» avait jugé samedi soir Armstrong au sujet de son coéquipier victime d’une défailance) qui l’avait énervé? Ou simplement la haine de la défaite?


Moins de 24 heures après sa terrible fringale qui lui avait fait perdre 2 minutes en 4 kilomètres, Contador a révélé un féroce appétit lors de la dernière étape de ce Paris-Nice. Parti au 41e kilomètre d’une boucle qui en comptait 119 kilomètres, le vainqueur du Tour de France 2007 a attaqué, dès la première difficulté en lâchant Sandy Casar et l'Espagnol David Lopez et a tenu à l'avant jusque dans la descente du col d'Eze, à moins de 10 kilomètres de l'arrivée. «Je m'attendais à l'attaque de Contador dans cette étape. Comme je l'avais fait la veille, il m'avait prévenu», a déclaré le futur vainqueur de l’épreuve Luis Leon Sanchez.


La guerre psychologique commence


Mal récompensée (Contador termine 2e de l’étape et 4e au général), l’offensive solitaire du leader de chez Astana, condamnée par la bonne entente entre deux équipes, Caisse d'Epargne (Sanchez) et Saxo Bank (Schleck), révèle un sacré mental de la part de l’épouvantail du vélo mondial. Un panache qui résume bien sa semaine de course.


Entre ses coups d’éclat en montagne et en contre-la-montre (vainqueur du prologue), ses coups de bordure et ses coups de pompe, Contador a animé la course. Avec une équipe d’Astana qui ne l’a pas beaucoup soutenu (l’Ukrainien Yaroslav Popovych s'est par exemple montré incapable de lui apporter l'aide attendue en montagne), il a conquis deux fois le maillot jaune avant de le perdre deux fois. «Les absences de Leipheimer, Horner et Vaitkus se sont fait sentir», a estimé -à juste titre- Alain Gallopin, le directeur sportif  d’Astana plus sympa que le manager Johan Bruyneel qui a laissé entendre cette semaine que Contador était responsable de cette défaite.


Dimanche, Lance Armstrong, qui est venu en France reconnaître le prologue du Tour de cet été été, revenait sur son jugement et postait sur son Twitter: «Alberto a montré une tonne de caractère.» Entre ces deux-là, la guerre psychologique ne fait que commencer.