Alain Bernard: «Je dois remettre les choses en place»

NATATION Présent au meeting de Sarcelles, de vendredi à dimanche, le Français répond à 20minutes.fr...

Ruecueilli par Romain Scotto
— 
La nageur français Alain Bernard, lors des championnats de France à Angers, le 7 décembre 2008.
La nageur français Alain Bernard, lors des championnats de France à Angers, le 7 décembre 2008. — SIPA

Il déambule au bord du bassin, signe les autographes aux gamins et prend la pose dès qu’on le lui demande. Très décontracté. A Sarcelles, où il s’est arrêté depuis vendredi pour participer à son troisième meeting hivernal, Alain Bernard braque logiquement tous les regards. Entre un 50m et un 100m où il entend prendre des repères, il livre à 20minutes.fr quelques indications sur sa préparation et son état de forme à un mois des championnats de France, qualificatifs pour les Mondiaux de Rome…



Alain, qu’êtes vous venu chercher au meeting de Sarcelles?


Des repères avant tout et un enchaînement de courses. Je ne regarde pas les chronos. Je suis dans une période de mise en place technique. J’essaye de retrouver le bon geste après la période d’entraînement foncier. Je chercher le bon virage, le bon départ. Bon, avec les plots qu’il y a ici, c’est compliqué. Ce ne sont pas les même que lors des grandes compétitions. Ils sont plus courts. Mais, il faut s’adapter. Et faire attention à tous les détails techniques.

De ce point de vue là, vous ne vous êtes pas rassuré sur 50m (22'17), la distance où vous n'avez pas encore votre ticket pour les Mondiaux…


Non, et ça m’énerve. On en a beaucoup parlé avec Denis (Auguin, son entraîneur), à l’hôtel après la course. Je fais un départ moyen et puis ça part un peu dans tous les sens. J’ai de l’énergie, mais je ne suis pas juste sur mon placement. Il faut encore que je remette les choses en place.

Physiquement, vous avez l’air très sec. C’est le fruit de votre entraînement hivernal?


Oui, j’ai perdu quatre kilos. En janvier - février, on fait beaucoup de volume. C’est vite lassant. J’ai pioché dans le dur. Mais maintenant, je recherche vraiment la qualité de nage à l’entraînement comme en compet’. Je vais reprendre du poids. On se rapproche des grandes échéances et j’aime bien cette période. Je ressens l’optique de la compétition.

Vous serez au top pour les championnats de France? Ou plus tard, pour les Mondiaux?


Aux championnats de France. Au milieu de la semaine pour le 50m et le 100m. Après, j’aurai une préparation spécifique pour les Mondiaux. C’est pour cela que je relativise mes temps. Je ne me pose pas de question. Quand je plonge, je ne sais pas combien je vais nager.

Pourtant, vous devez vous sentir observé par vos adversaires…
Oui, c’est vrai qu’on s’observe de plus en plus. La tension, je la ressens depuis les Jeux, donc je suis plutôt habitué. Moi, je me renseigne sur les autres, je pense à moi avant tout. Je ne vais rien changer sous prétexte que je suis attendu. Parfois, on ressent cette atmosphère pesante. Voilà, moi, je me tiens au courant, mais je ne suis pas à l’affût.



C’est ce climat tendu qui a poussé Fred Bousquet à s’exiler aux Etats-Unis…
Oui, il l’a dit. Si il se sent bien là-bas… C’est sa décision. Tant mieux pour lui. Moi, j’avais une opportunité en 2004. Mais je suis très bien avec Denis. Je ne veux pas casser ce truc. On échange beaucoup. On se connaît. Et c’est de mieux en mieux.



Depuis votre titre à Pékin, votre statut a changé. Vous le vivez comment?


Bien. Je ne peux pas me permettre tout et n’importe quoi, mais quand.je veux boire un coup avec des potes je peux encore le faire. C’est vrai que j’ai reçu énormément de sollicitations. Et j’ai l’opportunité de faire des choses extraordinaires. Là je vais bientôt voler avec la patrouille de France. C’est un rêve.

Pourtant votre entraîneur dit que vous aimeriez bien être un nageur lambda parfois…


Parce que ça peut être pesant. Quand je suis hors du bassin, je veux bien signer tous les autographes au monde. Mais quand je nage et qu’on m’arrête tous les 50m, je ne comprends pas. Même moi, quand j’avais des idoles, je ne me permettais pas ça. Je suis champion olympique, OK. Mais je ne suis pas une rock star. Vu le nombre de solicitation que je reçois, je me le demande parfois. Heureusement que mon agent filtre beaucoup. Il faut que ce que je fasse colle avec mon image.

Comme votre marionnette aux Guignols?


Déjà j’en ai une! Après, quand on voit celles des sportifs, elles ne sont pas toutes futées. C’est exagéré. Mais ça ne me gêne pas. Si je fais de la muscu, c’est juste pour avoir de la force et c’est comme ça que je suis devenu champion olympique.