L'élimination de Lyon, c'est la faute du foot français

FOOT Pour le président lyonnais, «l'égalitarisme» de la Ligue 1 explique le naufrage de ses joueurs à Barcelone...

Alexandre Pedro

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 Jean-Michel Aulas lors d'une réunion du G14 à Bruxelles le 13 novembre 2007.
 Jean-Michel Aulas lors d'une réunion du G14 à Bruxelles le 13 novembre 2007. — F.Lenoir / REUTERS
Le discours n’est pas nouveau. Quand Lyon tombe contre plus fort que lui en Ligue des champions, Jean-Michel Aulas voit dans le foot français un boulet et la raison principale de l’incapacité de son équipe à briller hors de l’Hexagone. «Il y a un gros écart non pas entre l'OL et le Barça mais entre le football français et les meilleurs des autres championnats», déplore le président de l’OL dans une interview accordée à «L’Equipe», quelques heures après le naufrage de ses joueurs contre Barcelone (5-2).

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Jean-Louis Triaud partage ce pessimisme. «Sauf accident, un club français n’a aucune chance de disputer une finale de Ligue des champions», déplore le président bordelais. Sur la pelouse du Nou Camp, l’écart entre le fer de lance de la Ligue 1 et un des grands d’Europe n’a jamais semblé aussi abyssal.

La Ligue1 trop partageuse?


Dans son malheur, Jean-Michel Aulas profite de cette gifle retentissante pour tacler la répartition des droits télés, pas assez généreuse avec les grosses cylindrées à son goût. «Quand on a un état d'esprit tourné non pas vers l'élite, mais vers un égalitarisme qui rabaisse le niveau de tout le monde, on a ce qui est arrivé mercredi soir», constate-t-il.  Jean-Louis Triaud acquiesce et détaille cette analyse: «Le problème de répartition se pose avec la Ligue 2. Nous sommes les seuls à partager nos droits télés avec la L2. Résultat, nous avons la 2e division la plus riche d’Europe».

À l’opposé, le plaidoyer pour l’élite de Jean-Michel Aulas irrite Jean-Pierre Caillot: «On ne peut-être que touché quand on lit ses propos», regrette le président de Reims (L2). «Le foot français ne se résume pas un club. Gervais Martel tenait aussi ce type discours. Mais il en est revenu quand son club a été relégué», constate Caillot dont le club perçoit 4 millions de droits télés; dix fois moins que l’OL.

«L’Espagne a une politique d’élite»

Constat imparable ou écran de fumée pour masquer la mauvaise passe traversée par son équipe, Jean-Michel Aulas remet au cœur du débat deux thèmes qui lui sont chers: la fiscalité et l’aménagement des stades. «L'Espagne a une politique d'élite, des lois fiscales qui font que les meilleurs joueurs viennent ici, des stades comme le Camp Nou que nous n'avons pas», constate le président lyonnais, dont le projet de grand stade patine toujours.

Présent à Barcelone, Bernard Laporte partage ces préoccupations présidentielles. «Nos stades ne sont pas du tout aux normes de ce qu'on voit en Angleterre», regrette  le secrétaire d'Etat aux Sports qui promet «un plan d’avenir» sur le sujet. Après les stades, libre à lui de commander un rapport sur la qualité du recrutement lyonnais cette saison.