Pour une fois, les Valenciennois enfilent le costume du favori

Antoine Maes

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A Valenciennes, c'est un costume qui commençait sérieusement à être mangé par les mites au fond des vestiaires du Mont-Houy. Samedi, les Nordistes et leurs trois points d'avance sur la zone rouge, grâce à une série de dix matchs sans défaite, recevront la lanterne rouge havraise. Et pour la première fois depuis une éternité, c'est avec le veston de favori qu'ils gambaderont sur la pelouse de Nungesser. « C'est vrai, ça fait longtemps qu'on n'a pas affronté une équipe moins bien classée que nous. Mais ça reste une L1, donc la moindre erreur de notre part fera but pour eux », prévient José Saez, dégoulinant de sueur à la sortie de la séance d'hier matin. D'ailleurs, on exagère à peine en disant qu'au VAFC, on est plus méfiant avant la réception du Havre qu'avant un déplacement à Marseille, Bordeaux ou Lyon. « Croire qu'on est favoris, c'est le gros danger. C'est un cas de figure qui est nouveau pour nous, », souligne Antoine Kombouaré. Dans le doute, l'entraîneur hennuyer préfère prévenir que guérir. Et le Kanak est peut-être encore plus exigeant à l'entraînement cette semaine qu'en temps normal. « J'ai insisté avec les joueurs sur toutes les raisons qui font que c'est un match piège. Si tous les jours, en rentrant à la maison, l'entourage leur dit que ce sera facile... Ce n'est pas comme ça qu'on prépare ce type de match », tonne le coach. A l'affût de la moindre goutte de décompression, l'ancien entraîneur de Strasbourg a, par exemple, vertement remis en place Johan Audel à la fin de la séance d'hier. Car il sait que si son équipe s'est toujours bien comportée face aux gros, elle a souvent souffert face à ses petits camarades du bas de tableau. « On doit prendre tous les matchs qui viennent comme si c'était des grandes équipes. On a perdu trop de points contre des équipes concurrentes », confirme le virevoltant Karba Bangoura. Chez les Nordistes, le maintien est à ce prix. ■