La thérapie par la parole

Rémi Bostsarron

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Il est des clubs où les tensions se font rapidement vives, quand les résultats se dégradent. Les Girondins n'en font pas partie, pas cette saison en tout cas. La belle ambiance affichée et louée en janvier, quand tout leur souriait, résiste aux turbulences rencontrées depuis un mois et demi. « Pas de souci, elle est toujours là », confirme Souleymane Diawara, principal dépositaire de la bonne humeur dans le vestiaire. « Elle ne peut pas se dégrader, car tout le monde au club est correct, il y a une bonne mentalité, ajoute David Bellion. On a déjà connu des périodes comme ça, l'année dernière. On sait que ça fait partie de la vie d'un groupe. »

Cette entente intacte pourrait tout de même avoir son revers : les Bordelais n'éviteraient-ils pas, entre eux, les sujets qui fâchent ? « Non, on a bien conscience qu'il ne faut pas déconner tout le temps, assure Bellion. On se parle quand tout va bien, on se parle quand tout va mal. On est tous adultes, et quand il y a des choses à dire, on se les dit. Pas pour heurter les âmes de certains, mais pour avancer. En ce moment, il faut se serrer encore plus les coudes. » Solidaires dans l'adversité, les Girondins semblent également tirer leur force morale d'une imperméabilité au doute. « Bordeaux est toujours capable de tout, affirme ainsi Diawara. On veut tous redevenir une équipe qui fait peur. »