Forget, capitaine pas abandonné

TENNIS Malgré une nouvelle élimination précoce en Coupe Davis, Guy Forget reste un capitaine confiant et soutenu...

Alexandre Pedro

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Richard Gasquet, le capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis Guy Forget et Mickaël Llodra (au fond), le 17 juillet 2005 à Moscou.
Richard Gasquet, le capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis Guy Forget et Mickaël Llodra (au fond), le 17 juillet 2005 à Moscou. — Denis Sinaykov/AFP
Même lors d’un dimanche de défaite en République Tchèque, Guy Forget voit la bonne vague arriver. «Franchement, je crois que cette équipe gagnera la Coupe Davis», pressent ce grand amateur de surf. Avec quatre jeunes joueurs faisant ou ayant fait partie du Top 10 mondial, le pronostic n’a rien d’aventureux, juste un peu gonflé au sortir d'une cuisante défaite. Encore faut-il savoir lesquels sélectionner. Capitaine de 1980 à 1987, Jean-Paul Loth s’insurge que l’on puisse remettre en cause les choix de Forget: «C’est un débat pernicieux. Tout le monde était d’accord sur sa sélection avant le match. Et puis, on oublie un peu vite la qualité de l’adversaire. Berdych et Stepanek ne sont pas les premiers venus».
 
Les joueurs solidaires
 
Sauf que les campagnes de Coupe Davis se suivent et se terminent mal pour Forget. Depuis une demi-finale perdue en 2004 en Espagne, ses troupes sont incapables d'accéder au dernier carré. Pas de quoi pour autant abandonner un capitaine qui tient la barre depuis 1998. Forget a d’ailleurs reçu le soutien de Jean Gachassin, président fraîchement élu de la FFT. Même solidarité du côté du DTN, Patrice Dominguez: «Des engagements ont été pris avec le staff et on ne change pas une équipe au milieu du gué». Sauf catastrophe lors du match de barrage en septembre, Guy Forget paraît bien cramponné à sa chaise.
 
Mais la légitimité d’un capitaine tient d’abord à la confiance accordée par ses joueurs. Pour l’instant, aucune voix ne s’est élevée contre lui. Proche du vote de défiance en 2007, Forget dispose pour l’instant la confiance des nouveaux «mousquetaires». «On est très solidaire, cette défaite ne change pas notre état d'esprit», expliquait le grand malheureux du week-end, Gilles Simon.
 
«La Coupe Davis grossit les qualités et les lacunes des joueurs»
Battu deux fois en deux matchs pour ses débuts en Coupe Davis, le numéro un français, préféré à Gaël Monfils, a couru derrière son tennis à Ostrava. «Forget a eu raison de lui faire confiance. Il faut bien débuter un jour ou l’autre», coupe Jean-Paul Loth. «Monfils n’avait pas plus d’expérience que lui et débarquait d’Acapulco où il venait de disputer un tournoi sur terre battue. Forget n’est pas responsable de son planning».
 
Habitué aux joies et aux peines de l’épreuve depuis 1984 et ses deux premiers simples perdus en … Tchécoslovaquie, Guy Forget sait que la simple addition des talents ne suffit pas pour espérer un jour soulever à nouveau le Saladier d’argent. «La Coupe Davis grossit les qualités et les lacunes des joueurs». Reste à savoir si cela tient aussi pour le capitaine.