Le RCS sous la pression des supporters

Floréal Hernandez

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Le serpent de mer « syndrome Meinau » est de retour à Strasbourg et une contre-performance face à Clermont pourrait réveiller sa colère. Multiforme, il se manifeste via des banderoles, des sifflets, des séries de « olé » moqueur ou des slogans demandant la démission de l'entraîneur. Lors des coups de mou prolongé du Racing, une partie du public de la Meinau se retourne souvent contre son équipe. Ou du moins exprime ouvertement son mécontentement. Ce que désapprouve l'autre partie, déçue, mais moins vindicative. Là, les contrariés se sont manifestés face à Brest (2-2) et Sedan (1-3). Il faut dire que le rythme ralenti du RCS (17 points sur les 16 derniers matchs) dans la course à la montée peut exaspérer.

« Ça n'aide pas », reconnaissent Grégory Paisley et Renaud Cohade. Ce dernier refuse de parler de « syndrome Meinau ». « C'est un public exigeant. Mais dans tous les clubs, c'est comme ça. » En tout cas, ça ne perturbe pas Grégory Paisley : « Les joueurs avec moins de 50 matchs pros peuvent avoir du mal à le digérer, à le gérer. Moi, j'ai été sifflé par 45 000 personnes au Parc des Princes, alors ça ne me fait rien. »

« La réaction est parfois extrême, regrette le capitaine. Là, ce n'est pas comme si on était quatorzième de L2 avec 10 points de retard sur la troisième place. Même si notre parcours depuis janvier est celui d'un relégable », reconnaît-il. Il est vrai que le Racing, cinquième, malgré son cheminement en dents de scie, n'est qu'à deux points du troisième, Angers. Furlan concède : « Nous aussi, on peut comprendre que les supporters ne soient pas contents. » D'ailleurs, pour la réception de Clermont, il n'espère qu'une chose : « Prendre les trois points et offrir la victoire à nos supporters. »

Car personne ne veut se couper des tribunes. « J'attends une symbiose de tout le monde », clame l'entraîneur strasbourgeois. Après son doublé face à Vannes, le week-end dernier, James Fanchone avouait : « On a besoin d'eux si on veut monter. Il faut qu'il soit derrière nous. Qu'il ne soit pas content, c'est une chose mais qu'ils nous encouragent. » « Si contre Clermont, on mène 1-0, on aura tout le stade derrière nous », annonce Grégory Paisley. Les 10 000 à 12 000 supporters présents, ce soir, n'attendent que ça. ■