Mathieu Bastareaud le centre révolutionnaire

RUGBY A 20 ans, le Parisien a imposé sa puissance dès sa première sortie avec le XV de France...

Alexandre Pedro

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Le joueur du Stade Français, Mathieu Bastareaud, plaqué par un joueur de l'Ulster lors de la première journée de la Coupe d'Europe, samedi 11 octobre 2008.
Le joueur du Stade Français, Mathieu Bastareaud, plaqué par un joueur de l'Ulster lors de la première journée de la Coupe d'Europe, samedi 11 octobre 2008. — AFP

Un physique de pilier égaré chez les trois-quarts, voilà la première image que renvoie Mathieu Bastareaud. Gabarit hors norme (110 kilos pour 1m83), trajectoire fulgurante et jeu brut de décoffrage, le nouvel international détonne au pays des Boniface, Cordoniou et des centres manieurs de ballons. «J’espère qu’on ne va pas décréter qu’il faut peser 110 kilos et se nourrir de McDo pour occuper ce poste», en rigole Christophe Lamaison.
 
Mais l’époque demande du physique et le joueur du Stade Français n’a pas été le plus mal servi dans ce domaine malgré ses écarts alimentaires revendiqués. Pour sa première chez les Bleus contre les Gallois, l’ancien de Massy a fait du Bastareaud. Ouvrir des brèches, fixé la défense et mettre quelques tampons en défense, voilà ce que ses entraîneurs lui demandent pour l’instant au Stade Français et en sélection. «Il faut vivre avec son temps, aujourd’hui on demande aux centres d’être physique», constate Christophe Lamaison.

«Coffre à ballon»

Pour l’ancien ouvreur du XV de France, la présence du Parisien a «surtout eu le mérite de libérer Yannick Jauzion. On demandait à Yannick de jouer les bulldozers alors que ce n’est pas son registre.»  De là à dire que le Toulousain à trouver son complément idéal, «Titou» demande à voir: «Il ne faut pas s’enflammer, l’effet de surprise à pas mal joué contre les Gallois».

Malgré cette première réussie, Mathieu Bastareaud reste encore un joueur en construction. Parfois décrié pour sa technique rudimentaire, le Guadeloupéen doit apprendre à plus faire jouer derrière lui, histoire de défaire de sa réputation de «coffre à ballon».  Marc Lièvremont concède d’ailleurs qu’il n’entrait pas dans ses plans en début de Tournoi. «On pensait que c'était un peu tôt pour l'impliquer dans le grand bain», admet le sélectionneur. Avec le retour de suspension de Florian Fritz, Bastareaud pourrait d’ailleurs glisser sur le banc le 15 mars contre l’Angleterre à Londres, ville d’adoption de son cousin: un certain William Gallas.