Lemaître poursuit son apprentissage

ATHLETISME L'espoir français du sprint Christophe Lemaître effectue samedi sa première sortie internationale chez les séniors lors des championnats d'Europe en salle de Turin...

Bertrand Tang

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«C’est un sprinter hors-norme.» Franck Chevallier, le DTN de l’athlétisme, n’a pas de superlatif assez fort pour décrire la nouvelle perle de la piste française, Christophe Lemaître, âgé seulement de 18 ans. Le benjamin des Bleus va effectuer son baptême chez les séniors aux championnats d’Europe en salle à Turin ce week-end.

Pourtant, ce n’est qu’à 15 ans qu’il foule la première fois les pistes. «Je l’ai découvert à la Fête du sport de Belley (Ain), où il a remporté son 50m. Puis, je l’ai vivement encouragé à s’inscrire au club, se souvient son premier coach Jean-Pierre Nehr. Il a progressé tellement vite.»

«C’est encore un ado»

Ce n’était pas gagné, vu le physique longiligne du blondinet. «C’est encore un ado. Il n’a pas le tempérament et la morphologie d’un sprinter. Comme ceux des DOM. Il est un peu unique avec son grand gabarit (1m88). Pour un sprinter, c’est un handicap», explique Jean-Pierre Nehr. Malgré sa fragilité musculaire (au niveau des adducteurs), sa bonne pointe de vitesse et son mental lui ont permis de surmonter tout les obstacles. «Je cherche toujours la gagne et j’ai horreur de perdre», affirme Christophe Lemaître, champion du monde juniors du 200m l’année dernière.

Contacté par le Team Lagardère

D’ailleurs 2008 aurait pu être son année. Après son titre de vice-champion de France du 100m (10s26), un petit ennui musculaire le prive d’un voyage à Pékin, avec le relais olympique du 4x100m. «Il ne s’est pas pris la tête», confie son entraîneur actuel Pierre Parraz. Car à un moment ou un autre, le licencié d’Aix-les-Bains sait qu’il réalisera son rêve olympique. «C’est un gars bourré de talent. Il est notre plus grand espoir en sprint pour les JO de Londres», assure Jean-Pierre Nehr. «Son entraîneur a entre ses mains un diamant. Il faut bien le façonner.» A tel point que le Team Lagardère, l’an passé, a voulu l’intégrer dans son vivier. Mais le natif d’Annecy a poliment décliné la proposition. «Personnellement, je suis bien où je suis. Il ne faut pas s’enflammer», souffle l’athlète.

Timide et modeste

«Il est très attaché à son club et bien entouré. Il n’est pas intéressé par les contrats», commente son formateur Jean-Pierre Nehr. Pas très à l’aise en interview, au contraire de son meilleur pote de l’équipe de France, le triple sauteur Teddy Tamgho, le sprinter concède qu’il n’est «pas du genre à beaucoup parler» et qu’il est «un peu en retrait». Malgré son nouveau statut, où il est amené à signer de plus en plus d’autographes depuis la rentrée.

Le junior, qui continue parallèlement son BEP d’électrotechnique, espère une finale pour ses championnats européens en salle. Même si l’objectif de saison reste, entre autres, une qualification pour les Mondiaux de Berlin en août et un titre lors des championnats d’Europe Espoirs en juillet. Pour Franck Chevallier, «l’objectif est d’essayer de passer le plus de tour possible. Sur 60m, c’est très court. Il a peu d’expérience technique et manque de puissance au départ (à cause de sa taille)».Un podium lui permettrait sans doute de finir sa mue.