Matthieu Lombard, un expert au drapeau

Floréal Hernandez

— 

Drapeau en main, Matthieu Lombard parcourt les routes de France en traquant les hors-jeu. Depuis le 1er août, ce Strasbourgeois de 29 ans est arbitre assistant en Ligue 2. Samedi, il sera en Corse pour Ajaccio-Nîmes. Il a débuté par un Clermont-Vannes en plein coeur de l'été. Sans appréhension ni surprise. « Il n'y a pas beaucoup de différences par rapport au National dans le jeu, la vitesse ou les contacts. Ce qui change c'est l'environnement autour de la rencontre : les médias, les stades, les spectateurs », explique l'ancien joueur d'Eckbolsheim et de l'ASPTT Strasbourg.

Sébastien Moreira, l'arbitre franc-comtois avec lequel il évolue le plus souvent, l'avait briefé sur l'« aspect médiatique » autour de la Ligue 2. Mais comme le reconnaît Matthieu Lombard, Clermont-Vannes avait peu intéressé les foules.

L'arbitrage, cet agent de la police technique et scientifique y est arrivé un peu par hasard. « Pendant un tournoi, j'ai arbitré et je me suis pris au jeu. Mais ça doit être une passion avec ce qui se passe sur les terrains. » Lors de ses vingt matchs de Ligue 2, il avoue n'avoir eu aucun problème avec un joueur. Les plus expérimentés tentent tout de même de l'influencer dans sa prise de décision.

Dans l'attirail de l'arbitre, Matthieu Lombard a choisi le drapeau plutôt que le sifflet et les cartons. Peu d'actions à juger, mais pas le droit à l'erreur. Quant à l'usage de la vidéo pour repérer les fautes, il est partagé. « Elle peut résoudre des choses, concède-t-il. Mais pas tout. Et puis dans quel genre de situation l'utilise-t-on ? Qui fournit les images ? », s'interroge-t-il.

Des questions, ses collègues lui en posent régulièrement sur les matchs qu'il a arbitrés. Ils se montrent aussi conciliants lorsqu'il est d'astreinte. « Ils s'arrangent pour que je puisse prendre mon vendredi et aller arbitrer », remercie Matthieu Lombard. Des déplacements qui lui mangent un grand nombre de ses congés. Mais pas l'ombre d'un regret quand c'est pour aller à Lens où « l'ambiance est superbe et où le kop fait beaucoup de bruit. C'est beau ». Son meilleur souvenir vêtu de la tunique noire est le centenaire du Racing. Mais hormis les matchs amicaux, lorsque son club fétiche joue, il doit littéralement rester sur la touche. ■