Pourquoi le cricket est-il visé?

ATTENTAT Après l'attaque subie par l'équipe nationale du Sri Lanka...

Pierre Koetschet

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Huit personnes ont été tuées mardi à Lahore, dans l'est du Pakistan, dans une attaque visiblement planifiée contre l'équipe de cricket du Sri Lanka, que les autorités pakistanaises ont comparée à celle menée en novembre par un commando islamiste à Bombay en Inde.
Huit personnes ont été tuées mardi à Lahore, dans l'est du Pakistan, dans une attaque visiblement planifiée contre l'équipe de cricket du Sri Lanka, que les autorités pakistanaises ont comparée à celle menée en novembre par un commando islamiste à Bombay en Inde. — AFP

Inconnu en France, le cricket (pourtant inventé par les Belges) est devenu plus qu’un sport, une culture, dans le sous-continent indien, et reste souvent le dernier lien diplomatique entre les différents pays de la région

Le Sri Lanka n’aurait jamais dû faire cette tournée au Pakistan. Les Sri Lankais ont finalement remplacé l’équipe nationale indienne qui s’était désistée. Aucune équipe étrangère n’avait d’ailleurs osé s’aventurer au Pakistan depuis l’Afrique du Sud en 2007. «Le sport est un moyen de promouvoir les relations entre les nations et de renforcer l’amitié et la bonne volonté entre les peuples», avait déclaré le ministre des Affaires étrangères sri lankais Rohitha Bogollagama. 

Haute sécurité 

Le cricket est d’ailleurs souvent un indice de l’évolution des relations entre les différents pays de la région. L’Inde avait annulé sa tournée au Pakistan après les attentats de Bombay. Les tournées entre les deux pays n’avaient d’ailleurs repris qu’en 2004, après 15 ans de bouderie mutuelle où les deux pays refusaient de se rencontrer, même dans un stade de cricket. 

L’équipe indienne n’est pas la seule à refuser de se déplacer au Pakistan. En mars 2008, l’Australie avait déjà décliné l’invitation, pour des raisons de sécurité. Toute la région est d’ailleurs touchée. Lors de leur dernière tournée en Inde, les joueurs de cricket anglais ont choisi de rester reclus dans leur hôtel, sous haute protection, une attitude moquée par la presse indienne. Jusqu’aux attaques de Bombay.