Franck Rizzetto: «Une chance sur deux contre le PSG»

INTERVIEW L'entraîneur de Rodez se verrait bien créer la sensation des 8e de finale de la Coupe de France...

Recueilli par Romain Scotto

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Ancien joueur emblématique de Montpellier dans les années 1990, au côté des Bonnissel, Carotti, Rouvière ou Sanchez, l’actuel coach de Rodez (12e de National) fait part de ses ambitions avant un 8e de finale de Coupe de France contre le PSG, mercredi soir…

Quand on entraîne une équipe de National, est-ce qu’on prépare la réception d’un gros différemment?
Non, pas moi. Je n’ai rien changé du tout. On s’est préparé normalement ces derniers jours. La seule chose qui change est d’ordre pratique. Au lieu de se rendre en voiture au stade, chacun de notre côté, on ira en fourgonnette. On se réunira un peu plus tôt, pour un repas commun chez un partenaire. Mais pas de mise au vert ou quoi que ce soit.

Est-ce que vous sentez un engouement particulier de vos joueurs avant ce choc?
C’est le match de l’année, donc tout le monde a envie d’y être. Tous les joueurs sont très impatients et veulent y participer. Moi, je ne peux pas faire jouer tout le monde, évidemment.

Quel regard portez-vous sur le PSG cette saison?
C’est une très belle équipe qui est sur une bonne dynamique. Même si Le Guen ne fait pas jouer tous ses titulaires, il reste quand même de très bons joueurs. Si je devais en sortir un cette saison, je dirais Hoarau. Parce qu’il a le mérite de s’être imposé avec peu d’expérience. Il tire vraiment l’équipe vers le haut.

Et si vous deviez évaluer vos chances de qualification…
Une chance sur deux. C’est aussi simple que ça, entre deux équipes. En tout cas, moi, je vois les choses comme ça.

En tant qu’ancien finaliste de la Coupe de France (en 1994 avec Montpellier), vous devez avoir de précieux conseils à délivrer à vos joueurs?
De ne pas se prendre la tête. Si on s’écarte de notre projet collectif, on n’y arrivera pas. Individuellement, on ne fait pas la différence en National, alors, contre une équipe de Ligue1…

Quels souvenirs gardez-vous des matchs contre le PSG?
Des matchs difficiles à chaque fois. C’est quand même l’une des équipes les plus prestigieuses du football français. J’ai joué au Parc pour le premier match de Raï. Il avait fait une transversale en passant sa jambe par derrière (ndlr: coup du foulard). Voilà, j'ai des flashs.

Cette année, vous alternez les hauts et les bas en championnat. Qu’est-ce qui vous manque pour jouer le haut de tableau?
Un effectif étoffé. Dès qu’il y a quelques absents, ça devient compliqué. Depuis janvier, je retrouve un effectif de qualité. Mais il nous manque quand même quelques cadres. Parce que sinon, au niveau des infrastructures, on a rien à envier à certains clubs de L1. Bon, on n’a que trois salariés et il nous manque une structure médicale, mais sinon, on est bien équipé. Enfin, je dis ça, mais je compare à mon époque…

Dans l’Aveyron, la réception du PSG est un événement. Cet engouement pour le football est inhabituel, non?

Non, parce qu’ici, il y a toujours eu un public de foot. On a deux kops. Et même quand on était en CFA, il y avait 2.000, 2.500 personnes dans le stade. Aujourd’hui, il y en a un peu plus. Quand on se déplace, nos supporters nous suivent. Il y a un vrai public de fidèles. On a une bonne cote. La presse parle aussi beaucoup de nous. On a trois quotidiens (ndlr, «Sud Ouest», «La Dépêche du Midi» et «Centre Presse») qui nous suivent régulièrement.

Qu’est-ce que les joueurs du PSG ont à craindre de votre équipe?
Notre générosité, avant tout. On est capable de très bien jouer au ballon. Techniquement, on peut faire la différence sur quelques phases de jeu. Physiquement, je crois qu’on est aussi prêts qu’eux. Après, eux, ils sont un degré supérieur à nous dans tous les domaines. Mais parfois, l’envie peut gommer cette petite différence.