« Je n'étais pas sûr d'avoir ma chance »

Recueilli par Sandrine Dominique

— 

Vous avez enchaîné deux très bonnes prestations à Twente et à Caen, alors que vous n'aviez pas joué avec l'OM depuis dix-huit mois. Quelle est la différence entre l'ancien et le nouveau Civelli ?

Aucune. Je suis toujours le même, mais maintenant, je joue. Je suis parti dix mois en Argentine [Gimnasia La Plata], et depuis mon retour ici, il y a huit mois, j'ai beaucoup progressé.

Le coach a reconnu qu'il s'était trompé vous concernant. Il dit que vous êtes « plus complet avec le ballon et dans la relance ». C'est votre entretien avec lui qui l'a fait changer d'avis ?

C'est vrai qu'il y a quinze jours, je suis allé dans le bureau d'Eric Gerets pour lui demander pourquoi je ne jouais pas. Il m'a dit qu'il faisait des choix et que, pour lui, j'étais le 4e défenseur central. Même si je me dis que je veux toujours être le premier et gagner, j'avoue que je n'étais pas sûr d'avoir ma chance. Quand tu es défenseur axial, s'il n'y a pas de blessure ou de suspension, tu ne joues pas. Quand Julien [Rodriguez] s'est blessé contre Le Mans, il n'y avait que moi. Du coup, le coach n'a pas eu trop le choix. Mais je crois que maintenant, j'aurai les mêmes chances que les autres. Je veux montrer qu'on peut compter sur moi.

Comment avez-vous vécu cette mise à l'écart ?

Souvent, quand ils ne jouent pas, les joueurs cherchent une excuse. Mais il faut parfois reconnaître qu'un autre est meilleur, et il faut continuer à travailler pour s'améliorer.

Vous n'avez pas pensé à partir ?

A Noël, j'avais déjà eu une conversation avec le coach. J'aurais pu partir, mais je sais où je suis. Ça fait trois ans que je suis à l'OM. J'habite le centre-ville de Marseille, j'ai plein de copains et je me sens bien dans cette ville. D'ailleurs, j'ai toujours dit en arrivant ici que je ne jouerai pas à Lyon ou à Paris. Et je ne voulais pas quitter un club comme l'OM pour aller jouer dans le bas du classement.

Aujourd'hui, à quoi pensez-vous quand vous êtes sur le terrain ?

Que je ne peux pas me permettre de perdre des ballons cons. Il faut que je joue la sécurité. Car je sais que je ne vais peut-être pas faire gagner un match à l'OM, mais si je fais une erreur, je peux en faire perdre... ■