Un premier maillot jaune pour Matthieu Dreyer

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C'est l'un des plus grands espoirs du foot alsacien. Samedi, face à Nice, Matthieu Dreyer a disputé son premier match en Ligue 1 sous les couleurs de... Sochaux (1-0). Sa titularisation, le gardien bientôt âgé de 20 ans ne l'a appris que vingt minutes avant le coup d'envoi. « Teddy [Richert, le portier titulaire] a ressenti une douleur au genou, je l'ai remplacé. Je n'ai pas eu le temps de me prendre la tête, de cogiter. »

Le natif d'Ernolsheim-sur-Bruche a vécu une première plutôt tranquille, les Niçois ayant été plus apathiques qu'offensifs. Seule une tête de Loïc Rémy l'a mis en difficulté, mais sans dommage. « Ça s'est bien passé, l'essentiel était de ne pas prendre de buts. » En prime, les Sochaliens ont gagné et se sont replacés dans la course au maintien. « Pour une première, je ne pouvais rêver mieux. »

Les coups de téléphone ont animé le dimanche de Matthieu. La famille, les amis et la presse sont venus partager ses premières impressions. « C'est une grande fierté, confie le partenaire de Morgan Schneiderlin dans les équipes de France jeunes. C'est impressionnant de toucher à ce qu'on espérait depuis le centre de formation. » Matthieu Dreyer, qui a signé son premier contrat pro à l'été 2008 avec le FC Sochaux, n'est pas passé entre les mailles des recruteurs strasbourgeois, il a préféré répondre aux appels doubistes. Mais ses deux petits frères Nicolas et Cyril jouent, eux, au RCS en moins de 18 ans et en 14 ans fédéraux. Ce « baptême du feu » en Ligue 1 ne sera pas accompagné d'un bizutage pour Matthieu Dreyer. « La seule chose, pour cette première titularisation, il faut que j'apporte des pizzas, mercredi, à l'entraînement », rigole le vainqueur de la Coupe Gambardella 2007. Mais lucide, le jeune portier assène : « Ce match n'est pas une fin en soi. Il faut continuer à travailler pour en jouer d'autres. » ■ F. H.