Le Tournoi se met au vendredi soir tant bien que mal

RUGBY L'horaire inhabituel de France-Galles ne plaît pas à tout le monde...

Alexandre Pedro

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L'entraîneur du XV de France Bernard Laporte assure que la "tension ne monte pas encore" à une semaine du match d'ouverture de la Coupe du monde de rugby contre l'Argentine, vendredi prochain, et se dit "convaincu" que ses joueurs sauront supporter la pression.
L'entraîneur du XV de France Bernard Laporte assure que la "tension ne monte pas encore" à une semaine du match d'ouverture de la Coupe du monde de rugby contre l'Argentine, vendredi prochain, et se dit "convaincu" que ses joueurs sauront supporter la pression. — Martin Bureau AFP

Marc Lièvremont a ses petites habitudes: «Le Tournoi, c'est le samedi après-midi», peste le sélectionner des Bleus, plutôt remonté l’idée d’affronter les Gallois un vendredi soir au Stade France. Une grande première dans l’histoire des VI Nations. Depuis l’arrivée de l’Italie en 2000, cette vénérable institution multiplie pourtant les infidélités au sacro-saint samedi après-midi. Afin d’éviter d’empiler trois matchs en une journée, les diffuseurs ont obtenu de décaler le troisième match le dimanche après-midi, voire le samedi soir dans le cas des derniers France-Angleterre.

A l’origine de ce nouveau coup de canif dans la tradition, Daniel Bilalian, patron des sports de France Télévisions, s'irrite des réticences: «Nous n'avons forcé personne, on n'est pas des dictateurs. Si les gens qui pensent que ce n'est pas bien s'étaient fait entendre, j'en aurais tenu compte. Je n'en ai pas entendu en France».

«Il fallait en parler à la Reine»

Plus à cheval sur les institutions, les Britanniques n'ont pas caché leur opposition à cette nouvelle entorse au «tea time». «Le rugby a vendu son âme à la télévision», regrettait même le «Daily Telegraph» dans son édition de mardi. Pour l’instant, seul le Stade de France s’est mis à l’heure du prime-time télé. Britanniques et Irlandais n’ont pour l’instant pas l’intention d’imiter le cousin français.

«Qu'ils jouent le dimanche, ça a déjà été un souci alors pour le vendredi, il fallait en parler à la Reine», s’en amuse un Bilalian qui remarque que «personne ne s’est plaint de cet horaire chez les diffuseurs britanniques, Sky ou la BBC». Mais à cette querelle entre classiques et modernes, s’ajoute le problème de récupération pour les six Bleus qui se trouvaient sur le pont dimanche pour le choc du Top 14: Toulouse – Clermont. S’il y a une tradition qui résiste dans le rugby français, c’est bien celle des calendriers aberrants.