Le « H » tout près de gravir une montagne

David Phelippeau

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Il reste quinze secondes. Le « H » a le ballon en main. Chambéry mène d'un but. Le Palais des sports de Beaulieu est en ébullition. Frédéric Dole (9 buts hier soir), grand bonhomme de la rencontre, fait signe de la main de calmer le jeu. Nantes est à un ballon de l'égalisation. Pour un nul qui serait synonyme d'authentique exploit. Sur le banc nantais, l'entraîneur Grégory Cojean s'époumone. Florent Corbin manque sa passe. Tout s'écroule. Les visages se crispent. Le « H » est tellement proche du sommet. Mais il chute. « C'est plus que de la déception, c'est de l'écoeurement, lâche, les larmes aux yeux le demi-centre Chérif Gormit. Tu sors d'un match où tu as toutes les armes pour gagner. »

A la pause, on n'est loin d'imaginer cette issue fatale. Chambéry, malgré un Daniel Narcisse serré à double tour, mène la danse (10-13). Le jeu est plus fluide, les passes plus précises. Quand ce n'est pas Guillaume Joli qui fait la misère aux Nantais, c'est Juré Natek qui enfile les buts comme des perles. « Ce n'est pas une fête, c'est un match de hand à gagner ! », avait prévenu l'entraîneur du « H », Cojean en début de semaine. Ses joueurs l'ont entendu. Ils croquent à pleines dents dans la deuxième mi-temps. Petit à petit, le « H » réduit l'écart, au point même de passer devant de deux buts à un quart de la fin. En vain. La machine savoyarde, rôdé à l'Europe, se rebiffe. « On y croyait, fulmine Gormit. On avait préparé le match pour gagner. C'est fini l'apprentissage. On a assez perdu de temps comme ça... » Les mots du coach chambérien Gardent le consoleront peut-être : « La qualité de Nantes, ce n'est pas une surprise pour moi. C'est le genre d'équipes à se sublimer face aux gros... » En tout cas, la route du maintien est encore longue pour le « H ». ■