Tana Umaga, meneur mais pas encore sauveur

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Cinquantième minute, vendredi. Le stade Jean-Bouin ovationne Tana Umaga lors de sa sortie du terrain. Un an et demi après son dernier match en tant que joueur, l'ancien capitaine des All Blacks, devenu depuis manager du Rugby Club Toulonnais, a donc rechaussé les crampons comme il l'avait promis afin « d'aider » son équipe à se maintenir en Top 14. Face au Stade Français (2e), ce retour à la compétition pour la 17e journée n'a pas été sans difficultés pour l'emblématique Néo-Zélandais. D'abord en raison de la qualité de l'adversaire qui a su faire déjouer les Varois pour l'emporter (22-12) mais aussi et surtout à cause du rythme. « C'est allé trop vite, avoue Umaga, bientôt 36 ans. C'était vraiment difficile de jouer un premier match comme ça, je suis très fatigué mais c'est bon aussi ! »

Si en cinquante minutes le trois-quarts centre n'a pas retrouvé ses jambes de 20 ans pour déstabiliser la défense parisienne, son apport s'est surtout fait sentir dans la communication. « Il a justement rechaussé les crampons pour rassurer les joueurs, leur parler sur le terrain. Quand on s'appelle Tana Umaga le message passe encore mieux, assure Aubin Hueber, entraîneur des avants. Maintenant, pour une reprise, le « jeune » Tana a fait une bonne rentrée. On va discuter ensemble pour voir si on va renouveler l'expérience. » En attendant certains adversaires sont déjà impressionnés à l'image de Mathieu Bastareaud : « C'est comme si vous disiez à un gamin qu'il allait jouer contre Zizou. C'est mon idole. J'étais impressionné mais j'ai essayé de faire abstraction de ça, indique le centre parisien sur rugby365.fr. En tout cas, il faut saluer le monsieur ! Revenir à ce niveau après une aussi longue absence, chapeau ! » ■S. D.