« Je me suis senti abandonné par le monde du basket français »

Recueilli par David Phelippeau

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Vous êtes international [18 sélections] et vous avez surtout évolué en Pro A, à Cholet et Pau. Pourquoi vous retrouvez-vous en Pro B, pigiste médical pour un mois à l'Hermine ?

En fin de saison dernière, on s'est séparé à l'amiable avec Pau (Pro A). Il a fallu du temps pour qu'on se mette d'accord... Quand je me suis retrouvé au chômage, toutes les équipes étaient déjà constituées. C'était donc délicat de retrouver un club.

Comment l'avez-vous vécu ?

Mal. Quand on est passionné de basket, c'est dur de se lever le matin et de se demander ce qu'on doit faire pour garder la forme... Je me suis senti abandonné par le monde du basket français. Ça m'a permis de faire le tri entre « vrais » et « faux » amis. J'ai vu ceux qui continuaient d'appeler et ceux qui ont arrêté...

Considérez-vous que c'est une grosse régression pour vous de venir à Nantes ?

Le sort a voulu ça. Par les temps qui courent, ce n'est pas toujours facile de retrouver une équipe en France. Je suis content d 'être là. Nantes est composé de beaucoup de joueurs français, que je connais. C'est la volonté du coach et du club de construire français. Ça me va !

Justement, on parle d'augmenter encore le nombre d'étrangers par formation...

Ça me fait bondir. Je le dis souvent en rigolant à mes proches, si on continue d'augmenter le nombre d'étrangers par équipes en France, je vais tout faire pour aller jouer en Chine ! Regardez les mauvais résultats de l'équipe de France... Cette dernière en souffre ! Entre la génération de Tony Parker et les jeunes qui ont suivi, le passage de témoin ne s'est pas fait. En France, on n'ose pas lancer les jeunes. On veut des résultats tout de suite. Or, on ne se construit pas en deux mois mais en plusieurs années. Le basket français doit se remettre en cause assez rapidement, sinon on va droit dans le mur.

Le club de Cholet essaie de faire confiance aux jeunes Français...

Je me souviens en 2005, on perd avec Cholet, en finale de la Coupe de France, contre Gravelines. J'étais vraiment déçu car j'aurais tellement voulu qu'on prouve qu'une équipe, composée quasiment de joueurs français, pouvait gagner ! ■