Frédéric Da Rocha, le capitaine ad hoc du FCN

David Phelippeau

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C'est le grand frère. Celui qu'on écoute et qu'on respecte. « C'est un porteur d'eau ! », s'extasie l'attaquant camerounais Christian Bekamenga. Samedi soir, Frédéric Da Rocha a cavalé aux quatre coins du terrain. Derrière, au milieu, devant. « Mais ce n'est pas pour autant une girouette », corrige, en rigolant, l'entraîneur Elie Baup. Certains lui reprochaient d'avoir la tête, mais plus les jambes. Depuis quelques semaines, il a prouvé - s'il était besoin - qu'il a retrouvé l'usage de ses guiboles de 34 ans passés...

« Je ne sais pas où il va chercher ses forces », admire même l'homme à la casquette, qui décrit l'engagement total de son capitaine dans les dernières minutes de la rencontre contre Caen... « Il se met minable, poursuit-il. Il faut voir dans quel état il finit... » Baup tresse à Da Rocha une triple couronne de lauriers : « C'est un phénomène. Il y a les matchs avec lui et les matchs sans lui... » Jusqu'à lâcher cette remarque inattendue : « C'est le meilleur joueur de l'équipe ! »

Milieu droit très offensif durant la majeure partie de sa carrière, Da Rocha évolue désormais dans un registre plus défensif, au milieu du terrain devant la défense. C'est Baup qui l'a replacé là. Bien qu'il reconnaisse sa « frustration » à ne plus pouvoir se projeter davantage vers l'avant, Da Rocha s'y plaît. « Comme je joue dans l'axe, ça me permet de parler plus facilement », explique-t-il.

« Sur le terrain, il nous pousse, les jeunes, à nous surpasser, confirme Bekamenga. Et nous donne une grande confiance. » Le natif de Cenon (Gironde) s'érige en relais de Baup. « Je n'ai pas besoin de beaucoup parlé avec lui, confesse le coach nantais. C'est un joueur de vestiaire. C'est une chance d'avoir un mec comme ça ! » Hors de question donc pour Baup d'épiloguer sur une prolongation ou non du joueur dont le contrat s'achève cet été. « Il n'y a pas d'interrogation pour moi, coupe court Baup. Il ne manquerait plus que ça... » ■