Quelles leçons tirer de ces Mondiaux?

SKI Le staff des Bleus tire un premier bilan des championnats du monde de Val d'Isère...

Romain Scotto

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Le skieur français Julien Lizeroux, médaillé d'argent en slalom aux championnats du monde de Val d'isère, le 15 février 2009.
Le skieur français Julien Lizeroux, médaillé d'argent en slalom aux championnats du monde de Val d'isère, le 15 février 2009. — SIPA
De notre envoyé spécial à Val d'Isère

La nuit et le froid ont envahi la station. Dans les rues, les derniers spectateurs se pressent dans leur chalet. Les autres s’embarquent dans un trajet sans fin sur l’unique route qui descend vers la vallée. Les Mondiaux sont bien terminés. Et dans le clan français, il est déjà temps de tirer les premières leçons de cette quinzaine avaline. Fabien Saguez et Yves Dimier, les deux DTN des Bleus, livrent leur analyse...

Un bilan comptable «très positif»


Avec la troisième médaille ramenée dimanche par Julien Lizeroux, le curseur est passé de «bon» à «très bon» sur l’échelle de satisfaction du staff des Bleus. «Deux, trois médailles, c’était ce qu’on s’était fixé. On est en phase avec notre objectif», note Saguez. Toujours deuxièmes sur les podiums, les Bleus peuvent regretter de quitter ces championnats sans titre à domicile. Entre l’or et l’argent, les écarts étaient parfois ténus. «Dans l’état d’esprit et la capacité à se battre avec les meilleurs, ils (les Bleus) ont malgré tout répondu présent», poursuit Saguez. Il faudra bien s’en contenter.

Des espoirs pour Vancouver

A tout juste un an des prochains JO, les satisfactions individuelles sont nombreuses. D’Adrien Théaux, 5e en descente, à Steve Missillier, 6e en slalom, en passant par Nastasia Noens, 13e en slalom, plusieurs jeunes de l’équipe ont réalisé à Val d’Isère la meilleure place de leur carrière. «Là-bas, on n’aura pas l’avantage du terrain, reconnaît Yves Dimier. Mais on sait que nos jeunes progressent : On doit continuer et c’est pour cela qu’on va lancer un centre national de haut niveau.» Un projet destiné à améliorer les performances des juniors, en retrait par rapport aux meilleures nations dans les bilans mondiaux.

La faillite d’un leader

Forcément, il fallait un point noir sur le visage radieux de cette équipe de France. On attendait beaucoup de Jean-Baptiste Grange. Trop peut-être, oubliant que dans une discipline technique aussi aléatoire que le slalom, les prévisions n’ont pas une grande valeur. Le skieur de Valloire quitte la station bredouille, «mais ce n’est pas pour cela qu’il a craqué», soutient Yves Dimier. A quelques piquets près, il avait l’assurance de monter sur le podium du slalom. Si lundi matin, il se sent un peu seul, il peut toujours se dire qu’Ingrid Jacquemod a elle aussi manqué son rendez-vous, dans la station où elle a grandi.

Un engouement à entretenir


Avec plus de 20.000 spectateurs au bord des pistes pour les meilleures journées, et une retransmission en direct sur une chaîne publique, le ski français n’a jamais bénéficié d’une telle visibilité. Saguez: «Il s’agit maintenant de poursuivre cet élan en cherchant des partenaires, en organisant des coupes du monde et en continuant à être vus.» Pour cela, la fédération entend s’appuyer sur les dossiers des villes candidates à l’organisation des JO de 2018. De quoi faire taire ceux qui ne voyaient pas d'intérêt à lancer une ville française dans la course aux Jeux.