Le slalom femme en live comme-sous-les-flocons

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La skieuse française Sandrine Aubert, lors du slalom de Zagreb, le 4 janvier 2009.
La skieuse française Sandrine Aubert, lors du slalom de Zagreb, le 4 janvier 2009. — no credit
De notre envoyé spécial à Val d'Isère,

Difficile d'exister dans l'ombre des messieurs. Quand Jean-Baptiste Grange ou Julien Lizeroux s'accaparent les podiums et les médailles, les techniciennes de l'équipe de France tentent laborieusement de s'immiscer dans le top 10 mondial. Avant le slalom de samedi, Sandrine Aubert, Marion Bertrand et Nastasia Noens ne s'avancent pas vraiment en favorites. Ce qui ne les empêche pas de faire valser la hiérarchie. Avant sa deuxième place aux JO de Salt Lake, en 2002, qui pouvait mettre un visage sur le nom de Laure Péquegnot? A domicile, les trois Françaises ont les moyens de créer l'exploit. Voilà pourquoi.

Parce qu'elles sont jeunes et insouciantes


Un groupe de 23 ans de moyenne d'âge ne peut être taillé que pour l'avenir. Sans pression, les trois Françaises abordent leur compétition avec un total relâchement. Pour preuve, la cadette du groupe, Noemie Noens ne s'est pas vraiment faite à l'idée de disputer ses premiers Mondiaux: «Ça fait une semaine que je sais que je vais y participer. Je prends ça comme une chance. Je verrai bien ce qu'il se passera. C'est tout.» Dans la pente, ses deux copines d'entraînement ne se donnent qu'une consigne. Laisse filer leurs skis. «Si on est attentiste, ça ne va pas nous servir. Il ne faut pas avoir peur de la vitesse, explique Aubert, la grande soeur de l'équipe, un peu plus rompue que ses voisines à l'exercice des micros et caméras. «L'essentiel, c'est de se mettre vite dans le rythme pour ne pas subir la piste.»

Parce qu'elles ont des références


La performance de Sandrine Aubert est presque passée inaperçue, dimanche dernier. Lors du super-combiné, la skieuse des Deux-Alpes, a pourtant réalisé le meilleur temps de la manche de slalom. Un vrai coup de force devant Kathrin Zettel, Maria Riesch, favorites samedi matin sur la Face. Marion Bertrand, ou «Kouen» dans le groupe France, présente quant à elle l'avantage d'avoir déjà serpenté sur la Face, jeudi, lors du géant: «Ça donne des idées. Je sais comment aborder la piste. Si je devais changer quelque chose samedi, j'essayerai de mettre plus de hargne et de moins stresser.»

Parce qu'elles vont skier devant Nicolas Sarkozy


Parmi les 20.000 spectateurs attendus au pied de la Face de Bellevarde, il y aura quelques invités de marque. Bernard Laporte, Michel Barnier, mais surtout le président de la République, de passage en haute montagne pour parler d'aménagement du territoire. Sarkozy en tribune? «C'est la classe!», lâche Marion Bertrand, pas encore au jus de l'événement. «Et il ne reste pas dimanche pour les garçons? Ah ouais, il vient que pour nous alors. Franchement, ça le fait.» Comme pour la course, un seul élément pourrait contrarier les plans du président. Ce déplacement est programmé «sous réserve des conditions météorologiques» précise la présidence.