Sandra Laoura: «Cette génération de skieurs est plus pétillante»

SKI L'ancienne championne de ski de bosses, paralysée après un accident, est une observatrice avisée de ces Mondiaux de Val d'Isère. Interview...

Recueilli par Romain Scotto

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La championnde ski de bosse Sandra Laoura, lors des championnats du monde de ski alpin, le 9 février 2009, à val d'Isère.
La championnde ski de bosse Sandra Laoura, lors des championnats du monde de ski alpin, le 9 février 2009, à val d'Isère. — SIPA

Victime d’une lourde chute à l’entraînement il y deux ans, la skieuse adepte des pistes bosselées se bat depuis pour retrouver l’usage de ses jambes. Aux Mondiaux de Val-d’Isère, la médaillée de bronze des JO de Turin prête son œil de technicienne à une chaîne de télévisionpour suivre les épreuves. Ce qui ne l’empêche pas de donner de ses nouvelles à 20minutes.fr.

Sandra, vous êtes consultante pour Infosport. C’est rôle qui vous plaît?
Oui, ça me plaît pas mal. Je ne suis pas vraiment consultante en fait. On ne peut pas m’appeler comme ça. Je suis là pour donner mon avis sur tout ce qu’il se passe, réagir. Je suis assez libre. A l’avenir, je ne veux pas me cantonner au ski. J’aime un tas d’autres sports. La voile, le tennis.

En tant qu’ancienne athlète, vous avez un contact particulier avec les skieurs…
Ça joue, même si je connais mieux ceux de la génération précédente. La plupart de ceux qui sont là débutent. Ils sont plus pétillants. Quand on est plus vieux, on a plus d’assurance. On n’a pas tendance à aller à droite, à gauche. Après, moi, je ne veux pas entrer dans leur intimité. Je ne veux pas tomber dans ce jeu-là. Il ne faut pas se laisser envahir par les choses dont on parle pendant les repas, en privé.

Quel regard portez-vous sur ces championnats du monde?

Je ne suis pas surprise par les résultats des Français. Je m’y attendais un peu. Ce qui change, c’est cette agitation autour de l’équipe de France. Avant, elle n’était pas aussi médiatique. On n’a pas l’habitude de voir les disciplines techniques mises autant en avant. Moi qui ai fait des bosses, ça me plaît. Avant, c’était plutôt la vitesse qui marchait fort.

Et concernant votre rééducation? Vous en êtes où?

Je continue au Portugal, dans la région de l’Algarve, près de Faro. C’est très joli là-bas. J’avais commencé une technique de rééducation en Russie. Et là, je continue au Portugal. C’est une méthode plus avancée, avec une communication plus simple. Je parle anglais. Voilà, j’habite toujours Paris, et je m’y rends, en gros, un mois sur deux. Je fais les allers-retours.

Vous imaginez faire du sport de haut niveau en fauteuil?
Non. Pas du tout. Ça n’a rien à voir. Quand on a connu le haut niveau, on ne peut pas changer comme ça. Ce n’est pas du tout la même chose.