Les Lillois rejouent « Sueurs froides »

François Launay

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Alfred Hitchcock n'est peut-être pas le cinéaste préféré des Lillois. Mais depuis le début de saison, le Losc aime s'inspirer des scénarios à suspense du grand réalisateur. Exemple samedi face à Sochaux, où le club nordiste a rejoué La Mort aux trousses. Mené 2-0 à la pause, baladé par une équipe doubiste pourtant relégable, Lille a finalement trouvé les ressources pour sauver sa peau. L'expulsion du Sochalien Daf (50e) a déclenché le réveil nordiste et permis à Frau (59e), Vittek (aidé par Richert,74e) et Hazard (89e) de ressusciter une équipe déclarée morte à la mi-temps. « On a su réagir et croire en notre destin. Une nouvelle fois, les joueurs ont montré une vraie force mentale », témoigne Rudi Garcia, le coach lillois.

Il faut dire que le Losc n'en est pas à son coup d'essai. Les retournements de situation sont même devenus une spécialité maison cette saison. Parfois, cela joue des tours aux Dogues comme à Marseille (2-2), Lyon (2-2), et contre Caen (2-2), où à chaque fois le Losc a mené avant de se faire rejoindre. Mais Lille sait aussi renverser la tendance en fin de match. Le scénario sochalien s'est ainsi déjà produit contre Auxerre (3-2) et Toulouse (1-1). Des exemples qui ne doivent rien à la chance, comme l'explique Eden Hazard, le mal nommé : « Depuis longtemps, le Losc est réputé pour son mental. Même si on est mené 4-0, on ne lâche rien et à chaque fois on essaie de revenir. Et parfois ça nous réussit », souligne l'attaquant de 18 ans.

Une formule stressante mais payante, car le club nordiste poursuit son ascension. Invaincu depuis neuf matchs et une défaite à Paris (1-0), il y a déjà trois mois, le Losc n'est qu'à trois points du podium, avec un match en retard. De quoi nourrir de belles ambitions, même si Rudi Garcia garde la tête froide : « Nous sommes d'abord candidats à gagner notre match à Auxerre samedi », déclare le technicien nordiste. Une façon de préserver le suspense dans une saison où ce Losc hitchcockien n'a pas fini d'étonner. ■