Dragin, le funambule se pare d'or

JUDO Le Français réalise un sans faute au Tournoi de Paris...

Florent Bouteiller

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Le judoka français Dimitri Dragin, lors du tournoi de Paris, le 7 février 2009.
Le judoka français Dimitri Dragin, lors du tournoi de Paris, le 7 février 2009. — AFP

«On peut dire que maintenant, je suis le titulaire en équipe de France». A peine remis de sa première grande victoire au niveau international, Dimitri Dragin tient à mettre les pendules à l’heure. Soulagé d’avoir enfin pu s’exprimer après une grosse période de doutes. Exit la cinquième place aux Jeux olympiques et plus récemment sa décevante médaille de bronze aux championnats de France il y a trois semaines à Coubertin. Aujourd’hui, le léger originaire du Havre était tout simplement trop fort pour ses adversaires.



Athlète et funambule


9h30, Dimitri Dragin fait son entrée dans un POPB plein à craquer. Kimono blanc, casque sur les oreilles et grimaces devant la caméra, le judoka décide de faire le show devant un public qui n’attend que ça. Dès le premier combat, l’athlète met la barre très haut contre le chinois Li en exprimant pleinement son judo de funambule tout en déplacement et en rapidité. Ses techniques d’épaules et les ramassements de jambes sont déconcertants. Tout comme les combats d’ailleurs, qui s’enchaînent.

Tour à tour, le britannique Millar, l’israélien Yekutiel et le coréen Choï, passent sous les fourches caudines du français, qui ne fait aucune concession. En finale des –60 kg Dimitri Dragin est tout aussi indéboulonnable. Face à lui, le géorgien Papinashvili, tombeur de l'Autrichien Ludwig Paischer en demi-finale. Au bout de deux minutes, les deux athlètes sont à égalité dans un combat rude à la garde. A quelques secondes de la fin, Dragin embarque son adversaire sur un kata-Guruma (mouvement d’épaule) et s’offre ainsi sa première victoire au tournoi de Paris.

«Premier vrai titre»



«Le potentiel de Dimitri n’est pas nouveau. Ce qui l’est en revanche, c’est sa motivation, précise Brigitte Deydier, directrice technique nationale à la fédération française de judo. Aujourd’hui, il avait une confiance à toute épreuve, un judo vif et tranchant comme on les aime». Pour sa part, le Français se réjouit d’avoir remporté son «premier vrai titre international» avec un bémol toutefois: il aurait aimé rencontrer sa bête noire en finale, l’Autrichien Ludwig Paischer, qui l’avait battu à Pékin. Les retrouvailles se feront peut-être dans quelques mois, l'été prochain, aux championnats du monde de Rotterdam.

Jeune pousse

A tout juste 21 ans, Morgane Ribout a décroché une belle médaille d’argent pour sa seconde participation au Tournoi de Paris. Autant dire que la jeune judokate du Lagardère Paris Racing a un bel avenir devant elle avec son uchi-mata (grand fauchage intérieur) dévastateur.