Les Français savourent leur titre de champion du monde de handball

Pierre Koetschet à Zagreb

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 Les Français savourent leur titre de champion du monde de handball le 1er février 2009 à Zagreb.
 Les Français savourent leur titre de champion du monde de handball le 1er février 2009 à Zagreb. — N.Solic / REUTERS

Luc Abalo et Michaël Guigou trinquent tranquillement dans les sous-sols de l’Arena de Zagreb, une bière à la main. «Voilà Micha, pour moi, c’est le meilleur joueur du monde », lance Luc Abalo, avant de se reprendre, «avec Niko [Karabatic] et Titi [Omeyer]». «Et Luc», répond Michaël Guigou, rigolard, élu meilleur ailier gauche du tournoi.

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Compter les meilleurs joueurs du monde à tous les postes, voilà peut-être le secret de ces Bleus, auteurs d’une performance exceptionnelle: battre la Croatie (24-19) dans la fureur de l’Arena, six mois à peine après avoir conquis le titre olympique.

«Une équipe, ce n’est pas seulement une accumulation de joueurs, tempère Claude Onesta. Une équipe, ce n’est pas une addition, c’est un état d’esprit. Quand il nous manque quelqu’un, on est capable de compenser.» Solidarité, expérience, et intelligence, les Bleus ont maîtrisé leur sujet, même s’ils n’ont fait la différence que dans un dernier quart d’heure fatal aux Croates, qui n’inscrivent qu’un seul but.

«Un combat de titan»

C’était exactement le plan des Français, qui ont délibérément choisi de rester au contact jusqu’à ce moment de la partie. «Il ne fallait surtout pas qu’on dirige ce match longtemps, explique Claude Onesta. Sinon, les Croates seraient revenus patiemment, et le public serait redevenu hystérique…» Au lieu de ça, les Français ont étouffé les joueurs de Lino Cervar en toute fin de match, peu de temps après une altercation Karabatic-Balic qui a fait exploser l’Arena.

Alors que les briquets pleuvent sur le parquet, Balic vient glisser un mot à l’oreille d’Onesta. «Il m’a dit : “C’est un super match”, raconte le coach tricolore. C’est vrai. Ce n’était pas un match d’anthologie, mais un tel bras de fer, un combat de titan. Personne ne voulait céder jusqu’au moment où l’atout supplémentaire de cette équipe croate est devenu son boulet. A partir du moment où tu sens que tu n’arrives pas à être à la hauteur des attentes de tout un pays, tu as tellement l’impression de trahir tout le monde que tu t’écroules.»