La France est championne du monde de handball

HAND Finale au couteau entre la France et la Croatie remportée 24-19 par les Bleus...

Pierre Koetschet à Zagreb

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 Nikola Karabatic lors de la finale du championnat du monde à Zagreb
 Nikola Karabatic lors de la finale du championnat du monde à Zagreb — D.Sagolj / REUTERS

De notre envoyé spécial à Zagreb (Croatie)

Luc Abalo et Mickaël Guigou trinquent tranquillement dans les sous-sols de l’Arena de Zagreb, une bière à la main. «Voilà Micka, pour moi, c’est le meilleur joueur du monde», lance Luc Abalo, avant de se reprendre, «avec Niko (Karabatic) et Titi (Omeyer)!». «Et Luc!», répond Michaël Guigou, rigolard, élu meilleur arrière gauche du tournoi.

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Les meilleurs joueurs du monde à tous les postes, voilà peut-être le secret de ces Bleus, probablement la meilleure équipe de tous les temps du sport français, auteurs d’une performance exceptionnelle: battre la Croatie dans la fureur de l’Arena, six mois à peine après avoir conquis le titre olympique. 

«Une équipe, ce n’est pas seulement une accumulation de joueurs», tempèrent Claude Onesta. «J’ai pas le meilleur joueur du monde à chaque poste. Une équipe c’est pas une addition, c’est un état d’esprit. Quand il nous manque quelqu’un on est capable de compenser.»  

 Revivre le live comme-à-la-maison de cette finale

Solidarité, expérience, et intelligence, les Bleus ont maitrisé leur sujet même s’ils n’ont fait la différence que dans un dernier quart d’heure fatal aux Croates, qui n’inscrivent qu’un seul but. C’était exactement le plan des Français, qui ont délibérément choisi de rester au contact jusqu’au dernier quart d’heure. «Il ne fallait surtout pas qu’on dirige ce match longtemps», explique Claude Onesta, «sinon, les Croates seraient revenus patiemment, le public serait redevenu hystérique…» Au lieu de ça, les Français ont étouffé les Croates dans un dernier quart d’heure à sens unique, peut de temps avec une altercation Karabatic-Balic qui a fait exploser l’Arena. Alors que les briquets pleuvent sur le parquet, Balic vient glisser un mot à l’oreille d’Onesta. «Il m’a dit «c’est un super match.», raconte le coach tricolore. C’est vrai. Ce n’était pas un match d’anthologie, mais un tel bras de fer, un combat de titan, personne ne voulait céder jusqu’au moment où l’atout supplémentaire de cette équipe croate est devenu son boulet. A partir du moment où tu sens que tu n’arrive pas à être à la hauteur des attentes de tout un pays, tu as tellement l’impression de trahir tout le monde que tu t’écroules.» Et les Français peuvent prendre leur envol, et écrire une des plus belles pages du sport français.