Lille au carrefour des ambitions

François Launay

— 

Emmitouflés dans leur manteau d'outsider depuis le début de saison, les Lillois (7e) ont une belle occasion de sortir leur tenue de gala. A Bordeaux (2e), les hommes de Rudi Garcia vont pouvoir montrer ce qu'ils ont dans le ventre. Un test qui en dira plus sur le potentiel de ce Losc ambitieux : « Si on veut passer un cap et revenir dans les trois premiers, on se doit de battre ce genre d'équipe », affirme Ludovic Obraniak, le milieu lillois. Finies les déclarations prudentes, les Dogues ont les crocs qui rayent de plus en plus le parquet.

Logique pour une équipe qui n'a perdu qu'un match toutes compétitions confondues depuis le mois d'août (défaite à Paris 0-1). Longtemps tapi dans l'ombre des favoris, Lille commence à faire peur : « Si on nous prend plus au sérieux après notre victoire contre Rennes (1-0) tant mieux, mais on n'était pas des rigolos avant », assène Franck Béria, le défenseur lillois.

C'est vrai que le Losc n'a jamais amusé la galerie des prétendants au titre. A Lyon (2-2), Marseille (2-2) ou contre Bordeaux à l'aller (2-1), les Lillois ont à chaque fois fait jeu égal avec leur adversaire. Et les retrouvailles avec Gourcuff et consorts n'effraient pas plus que ça les hommes de Rudi Garcia. « En face c'est des beaux bébés qui savent jouer au ballon. Mais on ne se fixe pas de limites. S'en fixer c'est manquer d'ambition », ajoute Franck Béria. Conscients de leur valeur, les Dogues veulent passer du statut d'éternel trouble fête à celui de favori. « Notre seul ennemi, c'est nous. On est capable de faire encore mieux », conclut Obraniak. Reste à passer de la parole aux actes pour frapper un grand coup en Gironde. ■