Le FCN a beaucoup souffert dans cette première moitié de saison, à l'image de Coulibaly.
Le FCN a beaucoup souffert dans cette première moitié de saison, à l'image de Coulibaly. — Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

FOOTBALL

FC Nantes : A mi-parcours, le FCN n’est vraiment pas glamour et suscite le désamour

David Phelippeau

Après dix-neuf journées de Ligue 1, les Canaris ne doivent leur place (17e) en dehors de la zone rouge qu’à des adversaires (Lorient et Nîmes surtout) très faibles

  • A la moitié pile du championnat, les Canaris ne comptent que 17 points, mais ne sont pourtant toujours pas dans la zone de relégation.
  • Le FC Nantes n’a jamais pu s’appuyer sur un fond de jeu cohérent sur la durée depuis août.
  • L’environnement compliqué autour et dans le club n’a pas contribué à donner de la sérénité à cette équipe nantaise.

Ils ont marché sur un fil avec un équilibre précaire sans jamais chuter. Sur cette première partie de saison, les Canaris, qui restent sur neuf matchs sans succès, ont flirté avec la zone rouge (les trois dernières places), mais n’en ont jamais été locataires, ne serait-ce qu’une journée. A mi-parcours, le FC Nantes, qui a changé trois fois de tête sur le banc ( Christian Gourcuff puis Patrick Collot puis Raymond Domenech) ne doit son absence dans les tréfonds du classement de l’élite qu’à des « poursuivants » (Dijon, Lorient et Nîmes) pour l’instant d’une insigne faiblesse. Retour sur une première partie de saison durant laquelle le club nantais a plus que jamais défrayé la chronique.

Des chiffres plus que préoccupants

Dix-sept points en 19 journées. En Ligue 1, c’est le pire bilan à mi-exercice du FC Nantes depuis l’arrivée de Waldemar Kita à la présidence en 2007. En 2016-2017, lorsque René Girard avait été limogé fin novembre (et remplacé par Philippe Mao en intérim puis Sergio Conceiçaõ), le club comptabilisait cinq unités (22) de plus à mi-saison (12e place). En 2018-2019, après le licenciement de Miguel Cardoso (remplacé par Vahid Halilhodzic), les Canaris possédaient 23 points (13e place).

Il faut remonter quelques mois avant l’arrivée de Kita pour trouver trace d’un début de saison aussi laborieux. Le FCN du président Rudi Roussillon avait changé trois fois d’entraîneur. Serge Le Dizet avait été remplacé par son adjoint Georges Eo qui lui-même avait été suppléé par le duo Michel Der Zakarian-Japhet N’Doram. Les Canaris avaient basculé à la trêve (soit après 19 journées) à 17 points avec trois victoires, trois nuls et huit défaites. Exactement les mêmes chiffres qu’aujourd’hui. Sans jouer les oiseaux de mauvais augure pour les supporteurs nantais, en mai 2007, le FCN avait été relégué en Ligue 2.

Un jeu le plus souvent lénifiant

Le constat est implacable : les Canaris n’ont jamais maîtrisé une de leurs dix-neuf rencontres. Ils ont souvent joué à mi-temps comme contre Metz (1-1) – rencontre durant laquelle ils ont sans doute signé leur plus belle période (la première) de la saison – ou à Lorient (0-2) ou contre Nîmes (2-1). Lors d’un rare succès, contre Brest (3-1) à la Beaujoire en octobre, Christian Gourcuff, coach à l’époque, avait même confié : « Je ne suis pas aveugle, j’aspire à beaucoup mieux… » Il regrettait le déchet technique et l’absence d’emprise de ses joueurs sur le jeu. Que ce soit la saison dernière et cette saison avant son licenciement, le Breton, dont la méthode et la communication minimaliste ne passaient plus dans le vestiaire, n’aura jamais imprimé sa patte sur l’expression collective nantaise.

Patrick Collot, qui a assuré l’intérim pendant quatre rencontres, n’a pas fait de miracles avec deux nuls et deux défaites, et un jeu toujours aussi peu attractif. Après le nul estampillé « béton armé » (0-0) contre Rennes mercredi, les Nantais ont retrouvé des couleurs dans le jeu (surtout en deuxième période à Montpellier 1-1) avec Raymond Domenech. Mais, l’édifice reste plus que jamais fragile.

Un contexte encore plus pesant

Un hashtag #Kitaout sur Twitter, des banderoles « Le FC Nantes est à vendre » fleurissant en ville, des manifestations de supporteurs contre la gestion sportive de Waldemar Kita, un centre d’entraînement faisant l’objet de perquisitions par la police judiciaire… Les tensions sont vives depuis plusieurs mois autour du FC Nantes. Les critiques acerbes contre un président-propriétaire, empêtré dans une affaire de soupçon de fraude fiscale, ne semblent plus désormais être seulement l’apanage d’une minorité. Sur fond de droits télé non réglés, des questions sur l’avenir du club restent toujours sans réponse : quid de la Jonelière et du stade de la Beaujoire dont les baux arrivent à échéance en juin ?

Le limogeage de Christian Gourcuff semble avoir été la goutte d’eau pour beaucoup de fans nantais. Le vase a alors débordé quand ces derniers ont compris que c’était bien Raymond Domenech, estampillé Knysna, qui le remplaçait.

Au sein du club, les foyers de tension se sont multipliés et n’ont jamais été éteints avec en toile de fond des salariés écartés (diététicienne, préparateur physique, docteur du centre etc.). Le conflit entre le staff médical et le staff pro n’a pas contribué à apporter de la sérénité, surtout sous l’ère Gourcuff. Une période marquée par la discorde entre le technicien breton et certains formateurs du FCN, qui a atteint son paroxysme fin août-début septembre avec la passe d’armes entre Ziani (coach des U19) et Gourcuff dans la presse.