Paul Leccia: «Elle reviendra à son meilleur niveau»

NATATION Le président du Cercle des Nageurs de Marseille revient sur l'annonce du retrait de Laure Manaudou...

Recueilli par Sandrine Dominique, à Marseille

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Laure Manaudou, au côté de Paul Leccia, le président du Cercle des nageurs de Marseille, le 6 octobre 2008, lors de son arrivée à Marseille.
Laure Manaudou, au côté de Paul Leccia, le président du Cercle des nageurs de Marseille, le 6 octobre 2008, lors de son arrivée à Marseille. — J.-P.Pelissier/REUTERS

Laure Manaudou vient d’annoncer qu’elle mettait un terme à sa saison 2009 pour cause de saturation. Cette pause est plutôt inattendue, non?


Cette décision est assez brutale. Disons que ça marine depuis une grosse semaine et le retour des athlètes du stage à la Réunion qui a été très intensif. Laure a commencé à se poser des questions. Elle m’a dit n’avoir plus l’envie de nager et qu’elle souhaitait réfléchir avec ses parents si elle allait continuer ou non. Ce à quoi j’ai répondu: «tu fais comme tu le sens et comme tu le ressens. L’important est que tu sois bien dans ta vie de femme.» C’est son avocat qui, hier à 22h, m’a appelé pour me dire qu’elle arrêtait en 2009, mais pas définitivement.



Est-ce un coup dur pour le CNM?


Le Cercle a été agréablement surpris que Laure nous rejoigne en début d’année mais on a bâti l’équipe «Team 2012 by CNM» pour les JO de Londres bien avant qu’elle n’arrive et l’équipe continuera. Je ne pense pas que cette décision aura d’impact sur le reste de l’équipe, car même s’il y a un véritable état d’esprit collectif dans le groupe, la natation est un sport individuel. Chacun espère réussir et ça demande un peu d’égoïsme.



Pensez-vous que cette décision soit liée à ses conditions de travail. Au Cercle elle devait travailler en équipe et non plus individuellement...


Je lui ai demandé effectivement si cet arrêt été lié au fait qu’elle n’avait pas trouvé ce qu’elle cherchait au Cercle et à Marseille. Elle m’a répondu que non, au contraire. Qu’elle se sentait bien ici dans cette ville et au club, qu’elle avait battu des records. D’ailleurs c’est un arrêt momentané, elle garde sa licence au club.

Etes-vous déçu par cette décision?
Non, pour moi l’important c’est qu’elle fasse ce qu’elle a envie. Depuis l’âge de 14 ans c’est la natation qui rythme sa vie. Pour une fois depuis des années, elle prend donc son destin en main. Sincèrement je ne suis pas déçu. Il n’y a aucune amertume. Quand elle est arrivée au CNM on s’est lancé un challenge humain et sportif. Ce challenge n’a pas été atteint mais je suis convaincu que ce qu’on a fait ensemble c’est bien. Je suis convaincu aussi que si, ensuite, elle veut revenir, on fera d’elle une championne. Je suis sûr qu’avec sa classe et son talent, et si l’envie lui revient, elle reviendra à son meilleur niveau. Mais pour ça, elle doit peut-être passer par ce break. En tout cas on la soutient à fond.