Les Dogues font des Rennais le perdant du week-end

Antoine Maes

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Rudi Garcia est passé à deux doigts du jackpot. La semaine passée, le coach nordiste avait tempéré l'enthousiasme général avant ce Lille-Rennes. « Je sens bien le 0-0 », avait pronostiqué le coach. C'est raté, mais on doute qu'il s'en plaigne. Car à un quart d'heure de la fin de cette partie, Hansson a dévié dans son but une frappe de Fauvergue, et a permis aux Lillois de s'emparer de la 7e place, avec un match de retard au Mans.

Personne n'avait fait tomber les Bretons depuis dix-huit rencontres. Ce qui réjouissait plutôt Rudi Garcia : « C'est un match qui compte. On est fiers d'avoir mis un terme à leur série. On va aller à Bordeaux avec de l'ambition. »

Par moments, on a eu franchement peur. La série d'invincibilité a filé aux Rennais une sacrée confiance. Et contre des joueurs comme Fanni derrière et Pagis devant, ça revient souvent à taper dans un mur à mains nues : ça ne sert à rien et ça fait mal. Sans l'énorme arrêt de Malicki sur une tête de Sow, on se demande d'ailleurs comment aurait tourné ce match (17e). Lille a donc dû faire preuve de beaucoup de patience pour démonter la muraille bretonne, brique par brique. Mais Frau (41e), Balmont (57e) et Obraniak (63e) n'ont pas su donner le coup de grâce.

Pour pousser sa domination jusqu'au tableau d'affichage plus vite, le Losc aurait aimé pouvoir compter sur l'oeil plus averti de M. Cailleux. Pour avoir marqué dans le but vide, Pagis a récolté un jaune. Quelques minutes plus tôt, Sow avait reçu la même sanction pour avoir détruit la cheville de Debuchy (37e). Deux poids, la même mesure. Heureusement, le latéral droit a tenu le coup. A la pause, le diagnostic était d'une petite entorse. Mais Sow ne devrait pas couper à la commission de visionnage. Si Hansson y assiste, qu'il emmène de l'aspirine. Sans sa maladresse, les Nordistes n'auraient jamais cassé la folle série bretonne. Mais le Suédois est sympa, et a fait du Losc un candidat plus sérieux au podium. De quoi attendre avec gourmandise le déplacement à Bordeaux, dans quinze jours. ■