Capoue, une pieuvre qui a le vent en poulpe

Julien Carrere

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Personne n'en est vraiment sûr, mais il se murmure qu'Etienne Capoue aurait été une pieuvre dans une vie antérieure. Le premier à dévoiler cette information n'est autre qu'André-Pierre Gignac, qui, quand il évoque le solide milieu de terrain (1,89 m ; 80 kg) parle d'un joueur « tentaculaire ». Mi-homme, mi-pieuvre... ou pas. Toujours est-il que les performances répétées de ce joueur formé au club font de lui la révélation de la première partie de saison.

A bientôt 21 ans, cet arrière central de formation, qui joue en libéro devant la défense depuis cette saison, sourit de ce changement de statut. « Ça va super-bien, mais tout le monde cartonne cette saison. Et puis je n'ai encore rien fait », corrige-t-il. Fin, racé, infatigable harceleur, son talent éclate pourtant aux yeux de tous. « J'ai toujours pensé qu'il était fait pour ce poste », assure son entraîneur, Alain Casanova. « J'ai progressé dans la concentration, le replacement et les duels », concède celui que le président des Violets, Olivier Sadran, compte parmi ceux qu'il appelle « les sauveurs du club ». Ces jeunes, formés au TFC (Congré, M'Bengué, Sissoko), qui offrent plus de garanties que d'éventuelles recrues onéreuses et qui évitent surtout à un club « en reconstruction économique » de sortir des euros superflus.

Promu capitaine pour sa première titularisation en équipe de France Espoirs, en fin d'année dernière, Etienne Capoue semble imperméable à ce flot de louanges. Conscient qu'il lui reste encore du chemin à parcourir, il n'aspire qu'à « continuer [sa] progression, à jouer le plus de match possible et se remettre en question après chaque rencontre ».

Une recette gagnante pour le frère d'Aurélien (27 ans) qui, lui, joue à Nantes sous les ordres d'Elie Baup... l'entraîneur d'Etienne la saison dernière. « Pour l'instant, il est encore derrière au classement, alors je peux le chambrer », plaisante-t-il. Il paraît que les pieuvres sont taquines... ■