Pascal Praud, le flou du roi

David Phelippeau

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Il ne laisse pas indifférent. Il agace par son côté hâbleur, il amuse par sa grandiloquence, et surprend souvent par ses réactions disproportionnées. Une année après son arrivée, Pascal Praud, dont on peine parfois à cerner le rôle, ne compte pas que des amis. Mais il n'en a cure. « J'ai le cuir épais », répète-t-il. Souvent en première ligne et toujours en bouclier de son président Waldemar Kita, l'ancien journaliste de TF1 ne se cache jamais. Portrait d'un casse-cou.

G Les coups de fil Pascal Praud débute sa journée par une revue de presse. Directeur de la communication oblige, il épluche tout. A la moindre critique - à son sens injustifiée -, il dégaine son téléphone. Il est souvent 9 h 30. « Mais pourquoi tu écris ça ? Vous êtes vraiment des grands enfants vous les journalistes », reproche-t-il à son détracteur du matin. Un jour, ulcéré par un papier sur la possible vente du club, Praud fait barrage pour que l'auteur n'en remette pas une couche sur la télé locale. Sans réussite. Preuve que l'ancien journaliste - volontiers provocateur et bateleur dans les talk-shows - a franchi le Rubicon. Il est le garde-fou des intérêts du FC Nantes et de son président Kita.

G Les coups de com' « Je ne veux pas me mettre en avant. Je suis un simple collaborateur. » Cette phrase, déclarée par cet éternel gouailleur lors de son intronisation au club , prête aujourd'hui à sourire. Aussi responsable de la communication et du marketing, il prend légitimement en charge la politique tarifaire et le projet de télé du club sur Internet. Avec plus ou moins de succès. En revanche, la venue du flop Michael Gravgaard, le défenseur danois, c'est lui. Pour finaliser le dossier, il se déplacera en personne à Copenhague. Et dire qu'à son arrivée, il insistait : « Chacun à sa place. »

G Les coups bas Pascal Praud aime les bons mots. Et ça lui joue parfois quelques tours. Un jour, en voulant dire que le FCN doit regarder vers l'avenir, il déclare qu'il faut tourner la page des « Choristes, de radio Nostalgie et d'Amélie Poulain ». Sa remarque ne sera guère appréciée. Il finira par reconnaître sa maladresse. Autre incartade, un matin, il lance à la cantonade à quelques journalistes : « Valenciennes, c'est des pompes à vélo. » L'assistance rit volontiers. Le lendemain, il se rend compte que la France du foot a gonflé sa facétie. ■