Lucie Decosse: «Les régimes, j'en avais marre»

JUDO Sacrée championne de France dans sa nouvelle catégorie des moins de 70kg, la judoka du Lagardère Paris Racing, médaillée d'argent à Pékin, débute de la meilleure des façons sa nouvelle carrière...

Recueilli par Romain Scotto

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La championne du monde Lucie Decosse (-63 kg) a décroché la première médaille d'or française des Championnats d'Europe en battant en finale la Slovène Urksa Zolnir, lors de la deuxième journée samedi à Belgrade.
La championne du monde Lucie Decosse (-63 kg) a décroché la première médaille d'or française des Championnats d'Europe en battant en finale la Slovène Urksa Zolnir, lors de la deuxième journée samedi à Belgrade. — Dimitar Dilkoff AFP
Vous quittez les moins de 63 kilos pour les moins de 70 et vous êtes déjà sacrée championne de France. Le succès arrive plus vite que prévu?
Je ne sais pas… J’avais déjà gagné dans cette catégorie en étant surclassée. En fait je suis contente parce je voulais vraiment marquer les esprits. Je voulais m’imposer tout de suite. Et c’est ce que j’ai réussi.

En finale, vous battez Gévrise Emane au golden score. A quoi se joue le titre?

A rien du tout. On se connait par cœur car on s’entraîne tout le temps ensemble à l’Insep. Elle savait qu’elle ne devait pas me laisser prendre sa manche. Moi j’étais focalisée sur ses attaques aux jambes, parce que c’est là qu’elle est dangereuse. A chaque fois je me baissais pour qu’elle ne me fasse pas chuter. Après, sur une de ses attaques, j’arrive à placer un contre et je marque. C'est parfait.

Pourquoi ce changement de catégorie?

Je ne supportais plus les descentes au poids. A chaque fois, je devais perdre six, sept kilos pour combattre. Même là pour passer en moins de 70 kilos, j’ai du perdre un peu de poids. Mais avant, c’était trop dur. J’avais du mal à récupérer. Je reprenais du poids après les compet et j’étais vidée. J’en avais vraiment marre, même si aujourd'hui, je fais toujours attention à ce que je mange.

Pour vous, c’est une nouvelle carrière qui commence, avec de nouvelles adversaires à observer…

Oui, j’avais besoin de ça. A 27 ans, j’avais besoin d’un nouveau challenge. A un moment donné, on en a un peu marre de faire du sport de haut niveau. Tous les jours. La répétition des entraînements devient lassante parfois. C’est dur. Maintenant, j’ai de nouvelles filles à étudier. Elles sont plus solides. Plus stables. Avant, elles tombaient plus facilement. Du coup, à l’entraînement, je dois mettre plus d’impact dans mes techniques. Etre plus puissante.

Vous changez de catégorie, mais pas d’objectifs?

Oui, pour moi c’est pareil. J’attends avec impatience le tournoi de Paris pour affronter les meilleures de la catégorie. Gévrise est championne du monde, mais ça reste un championnat de France. Et avant la fin de l’année, il y a les championnats d’Europe et les Mondiaux. J’aimerai bien faire au moins l’un des deux. Il y aura une sélection à travers quelques tournois, mais je crois que ça va se jouer à Paris.