La formation du FC Nantes attend un signe de la direction

Julien Ropert
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 Ils sont cinq à encadrer cette année les jeunes du centre de formation du FC Nantes : Laurent Guyot, Stéphane Moreau, Samuel Fenillat, François Bourgeais et Franck Chaumin. Aujourd'hui, aucun d'entre eux ne sait s'il sera encore là l'an prochain. Autrement dit, l'équipe pourrait tout à fait être renouvelée à 100 % cet été. « J'ai reçu les formateurs un par un, explique le directeur technique nantais, Christian Larièpe. Je ne prendrai pas de décision avant d'être fixé sur le sort de l'équipe première. » Un argument surprenant puisque quel que soit son sort, Nantes aura besoin de formateurs la saison prochaine... Reste que les techniciens concernés ne sauront pas de quoi leur avenir est fait avant avril, au mieux. « Ce n'est pas évident, concède Stéphane Moreau, en charge des 18 ans. Sur un plan personnel, on a une famille, on a besoin de savoir où on va. Mais ça fait partie du fonctionnement. » 

   Du coup, certains n'écartent pas la possibilité de quitter le navire, comme Laurent Guyot, directeur du centre : « Aujourd'hui, je suis dans la position d'un employé qui n'a pas de nouvelles de son employeur. C'est logique que je sois dans une phase de réflexion, notamment parce que j'ai été approché par un club de L2 [Sedan] l'an dernier. Mais j'ai aussi conscience que mon avenir passe après celui des jeunes. » Pour les autres, le choix est clair, ils souhaitent continuer à oeuvrer pour la maison jaune. Si possible ensemble. « Je me sens très bien ici, explique ainsi Stéphane Moreau. Notre groupe de formateurs fonctionne bien, nous sommes complémentaires. » Une structure qui commence à récolter les fruits de son travail, avec l'arrivée aux portes de l'équipe première de la prometteuse génération 1990. Avant des promotions 91 et 92 elles aussi alléchantes. 

   L'incertitude qui entoure l'avenir du staff technique du centre de formation ne va pas sans poser de problème, au-delà même des cas personnels des techniciens. Le recrutement en vue de la saison prochaine se décide par exemple en ce moment. Rien ne garantit qu'il conviendra si, d'aventure, les formateurs en place devaient quitter Nantes. Sans parler de la perte de temps et d'efficacité que représenterait un renouvellement important de l'équipe, dans un domaine qui requiert patience et stabilité. Plus globalement, cela pose la question de l'intérêt réel des dirigeants nantais pour leur formation maison, en dépit de leurs multiples déclarations d'intention. Même si, comme le rappelle l'entraîneur des 16 ans, Samuel Fenillat (renouvelé la saison dernière), tout vient parfois à point à qui sait attendre, même à Nantes : « L'an dernier, Christian nous avait dit qu'on signerait à nouveau, on a signé... en mai. » Rendez-vous est pris. ■