Le Dakar prend de la hauteur

DAKAR Comment les pilotes se sont-ils préparés à grimper à plus de 4.700 m d'altitude dans la Cordillère des Andes...

M.Go. à Copiapo au Chili (désert d'Atacama)

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Entre mardi soir et jeudi, la petite caravane du Dakar prend de la hauteur. Motos, buggys, camions et bus de l'organisation repassent en Argentine par le col du Paso San Francisco. Une route majestueuse, entre deux volcans actifs, le Falso Azufre (5.906 m) et le San Francisco (6.016m), qui culmine à 4.700 m, presque aussi haut que le sommet du Mont Blanc. Ces conditions extrêmes, peut-être rendues lugubres par le Camanchaca, un épais brouillard des Andes, font craindre à l'organisation des manifestations du mal des montagnes dû au manque d'oxygène dans l'air.

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«Il est très imprévisible selon les personnes. D'abord le patient devient nerveux, agressif. Il peut ensuite avoir des maux de tête, des vomissements et les cas extrêmes peuvent amener à des oedèmes pulmonaires, explique Florence Pommerie, médecin-chef de la course. Mais pour provoquer cela, il faut monter vraiment très rapidement. Il faut surtout éviter les efforts violents.» Ce passage de l'étape se fera donc en liaison (passage non chronométré. Update 13/11, 23h23: la spéciale vient d'être annulée. Les concurrents feront donc toute l'étape en liaison). Les motards rouleront en petits groupes et chaque concurrent a dû consulter son médecin traitant à ce sujet avant le départ. Les membres de l'organisation qui doivent rester sur place ou les pilotes d'hélicoptères qui montent très rapidement seront eux sous traitement. dakar2009

Du vélo dans des caissons

Ces précautions n'ont pas empêché les équipes et les pilotes de prévenir les risques. Avant le départ, tout le team BMW s'est offert un stage à Berlin: exercices physiques pour travailler l'endurance et tests de la résistance des pilotes en caissons déprésurissés. «Moi on m'a d'abord fait monter à 4.000 m puis à 6.000 m en quelques secondes, ça ne m'a rien fait mais il faut dire que j'habite toute l'année à plus de 2.000 m d'altitude», raconte le skieur extrême Guerlain Chicherit qui confirme que l'acclimatation est la meilleure des thérapies. «Sur les vélos, dans les caissons, on remarquait que les pilotes s'essoufflaient beaucoup plus vite, témoigne Okuchi Hiro, un membre du team Toyota. Mais dans les voitures, en liaison, ils ne devraient pas à avoir à faire autant d'efforts.»

Les motards sont plus exposés. Certains se sont offert des stages en montagne. Des top pilotes comme Cyril Despres ont par exemple fait de longues séances d'entraînement en vélo à plus de 1500 m d'altitude. Pas les amateurs. «La plupart ont un métier et pas le temps de se prendre une semaine pour ça, témoigne le chef de l'équipe Nomade racing Emmanuel Braga ( voir son blog ici). Avant le départ, j'avais fait de longues séances de cardio en salle et conseillé aux pilotes de faire de même.» En cas de problèmes, deux caissons attendront les concurrents. Sinon, la solution préventive locale consiste à mâcher des feuilles de coca. Une méthode malheureusement contre-productive au moment des contrôles antidopages.


Les mécaniques vont-elles aussi souffrir

C'est moins connu mais les moteurs subissent eux aussi le mal des montagnes. Les machines devraient être moins puissantes en altitude à cause de la raréfaction de l'air au moment de la combustion. Chez BMW, les ingénieurs changent par exemple tous les jours le programme informatique pour que les réglages soient optimums en fonction de l'altitude. Du côté des amateurs, aucune modification à part quelques carbu à changer et une consigne: ne pas forcer sur la mécanique pour ne pas casser des pièces qui vont tourner plus vite comme les turbos.