à Lens, la banderole est une affaire classée

Antoine Maes

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Le PSG, qui se dit "principale victime", rappelle avoir "déposé plainte dans cette affaire". Le club parisien veut croire qu'il échappera à un retrait de point (qui serait désastreux alors qu'il est 18e et lutte pour le maintien), fondant ses espoirs sur la clémence dont a bénéficié Metz récemment dans l'affaire Ouaddou (le club lorrain a récupéré en appel un point perdu en première instance).
Le PSG, qui se dit "principale victime", rappelle avoir "déposé plainte dans cette affaire". Le club parisien veut croire qu'il échappera à un retrait de point (qui serait désastreux alors qu'il est 18e et lutte pour le maintien), fondant ses espoirs sur la clémence dont a bénéficié Metz récemment dans l'affaire Ouaddou (le club lorrain a récupéré en appel un point perdu en première instance). — AFP/Archives

Circulez, il n'y a plus rien à voir. Demain, le Racing se déplacera à Paris, en quart de finale de la Coupe de la Ligue. Et neuf mois après la finale perdue face au PSG (2-1) au Stade de France, l'affaire de la banderole n'occupe plus qu'une petite place dans la tête des supporters lensois. Un comble, après l'immense vague d'indignation qui s'est étalée dans les médias.

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« Il faut arrêter avec la polémique, c'est une revanche, mais ça se jouera sur le terrain. On n'avait qu'une hâte, c'était de les rencontrer. Mais pour les battre, pas pour se battre », promet Arnaud, figure locale des supporters et patron de l'Estaminet du Bollaert, à deux pas du stade. Au comptoir de son établissement, le son de cloche ne varie pas d'un iota. « Cette histoire, on ne l'oubliera jamais. Mais si on va au Parc, c'est pour assister à un match de football. C'est l'esprit du sport avant tout », explique Greg, président de la section de supporteurs Ch'ti du Longchamp, venu organiser les derniers détails du déplacement.

A quelques kilomètres de là, le centre technique de La Gaillette abrite l'entraînement matinal des Sangs et or. Et chez les joueurs non plus, on ne se focalise plus sur la banderole. « D'ailleurs, je pense que si on avait gagné, on n'en aurait pas parlé autant », assure Kevin Monnet-Paquet, qui était titulaire au Stade de France.

Dans les cafés ou au bord des terrains d'entraînement, on ne parle plus d'honneur bafoué, d'atteinte à l'image de la région, voire même de racisme anti-ch'ti. « S'il y a un sentiment de revanche ? Oui, parce qu'on a perdu. On a un compte qui n'est pas réglé avec le PSG », lâche Daniel Leclercq, le directeur sportif sang et or. Car si la polémique s'est atténuée, les conditions dans lesquelles les Lensois se sont inclinés n'ont pas été digérées. « Ce qui reste, finalement, plus que la banderole, c'est ce penalty à la toute fin du match qui n'aurait jamais dû exister et qui donne la victoire à Paris », souffle Benzine, l'ancien de la bande, surnommé ainsi par analogie avec les vieilles lampes des mineurs. Comme près de 3 000 de ses camarades, il sera au Parc demain. Sans crainte. « Ils vont faire tellement attention à la sécurité que ce sera le déplacement le plus sûr de l'année », conclut Benzine.