L'appétit de Bordeaux vient en gagnant

Rémi Bostsarron

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« On a envoyé un message au football français ». Marc Planus a beau être d'un naturel pondéré, il ne peut nier la portée d'un succès comme celui obtenu par Bordeaux face au Paris-SG, dimanche (4-0). « On a montré qu'on était capable d'être présents dans les grands rendez-vous », s'enthousiasme-t-il. Jusqu'alors, en effet, les Girondins avaient failli face aux grosses cylindrées, en Ligue des Champions mais aussi en Ligue 1 : ils n'avaient battu ni Paris (1-0, 2e journée), ni Marseille (1-1, 5e journée), ni Lyon (2-1, 14e journée), ni Rennes (1-1, 15e journée). « On n'avait jamais réussi ce genre de match lors de la phase aller, confirme Wendel. Les supporters ont dû se demander ce qui s'était passé pendant la trêve ! »

Les Girondins sont d'autant plus conscients de la valeur d'un tel succès qu'ils avaient payé cher, la saison passée, leurs ratés dans les rencontres au sommet. « Il nous avait manqué des victoires contre les concurrents directs, notamment contre Lyon », se souvient Planus. Cette fois, les hommes de Laurent Blanc ont prouvé de manière éclatante qu'ils avaient les moyens de leur ambition, voire plus. Même si l'objectif officiel du club demeure une place dans les trois premiers, leur position actuelle de dauphin, à un point d'un leader lyonnais en petite forme, est celle de très sérieux prétendants au sacre final.

« Vu notre prestation de dimanche, on ne peut plus se cacher, lâche Wendel. J'espère qu'on va aller chercher Lyon. Je crois qu'on en est plus capable que la saison dernière. » Ce genre de propos pourrait leur mettre une pression supplémentaire, mais ils sont prêts à l'assumer. « La pression, elle est dispersée entre toutes les équipes de tête, assure Planus. Lyon a la pression de devoir toujours gagner, Marseille a la pression populaire, et on a la pression parce que, pour nous, faire mieux que l'année dernière, c'est automatiquement gagner le titre. Mais elle est bonne, cette pression. » ■