Les Boulonnais glacent les Sang et Or

Antoine Maes

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Boulogne abat son grand frère. Hier, sur la pelouse congelée de la Libération, l'USBCO a terrassé Lens (3-1), lors de la 19e journée de L2. En attendant les autres rencontres, les hommes de Philippe Montanier profitent du derby pour prendre la 2e place, à deux points du Racing. Le froid sibérien qui règne sur la côte d'Opale a fini par gripper la grosse cylindrée artésienne, qui concède sa 6e défaite de la saison. Et qui confirme un vilain syndrome : Lens n'a toujours pas battu de concurrent direct pour la montée.

Cette rencontre aurait pu ne pas débuter. Bien sûr, les conditions étaient moins cataclysmiques que le week-end dernier entre Arras et Nice, en 32e de finale de la Coupe de France. Mais en foulant la pelouse de la Libération avant le coup d'envoi, on a très vite compris. A 19 h, il faisait -1 °C, et l'herbe croustillait sous les pieds. A la mi-temps, le thermomètre est descendu jusqu'à -5 °C. L'aire de jeu boulonnaise est aussi impénétrable que le blindage d'un coffre-fort. « Un jour, un joueur va se fracasser le crâne par terre. Ce serait dommage que ça arrive pour que la programmation télé change », souligne Nicolas Rabuel, le latéral gauche de l'USBCO.

Les 22 joueurs ont d'ailleurs mis une grosse mi-temps à apprivoiser la glace, faute d'appuis. En première période, Jemaa (15e), Roudet (24e) et Maoulida (25e) ont par trois fois manqué le coche. Sans Aruna, Monnet-Paquet et Boukari, laissés sur le banc, les hommes de Jean-Guy Wallemme ont tout de même réussi à faire parler leur supériorité technique sur la patinoire boulonnaise. Ça n'a pas duré longtemps. Le match n'est pas reparti depuis dix minutes que Thil prend enfin de la vitesse, sert Blayac au second poteau, qui fusille Runje de près (1-0, 54e). Douche glacée pour le Racing, qui a le mérite d'égaliser dans la foulée par Sartre (1-1, 62e). Enfin lancés, les Artésiens ? Pas du tout puisque Kinkela leur remet la tête dans le sac (2-1, 64e), avant que Blayac ne corse l'addition (3-1, 73e). Les Sang et Or sont mis K.-O. debout par une formation qui n'avait plus gagné devant son public depuis plus de deux mois. Pour Jean-Guy Wallemme : « L'adversaire a profité de nos largesses défensives. » Heureusement, le retour en bus est le plus court de la saison. C'est déjà ça de pris. ■