Les galériens du Dakar

DAKAR Après la mort de Pascal Terry, rencontre avec les motards amateurs du Dakar...

M.Go.

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Le motard portugais Helder Rodrigues sur le Dakar
Le motard portugais Helder Rodrigues sur le Dakar — STR New / Reuters
La nouvelle de la mort de Pascal Terry a d'abord eu du mal à se propager dans le bivouac des motards amateurs. Mercredi soir, quand la nuit tombait ils étaient en effet encore des dizaines à lutter sur les pistes de l'étape la plus dure de la première semaine entre Neuquen et San Rafael. Puis ce fut une traînée de poudre. «Quand on l'apprend, on pense d'abord à sa famille et puis dans l'instant qui suit à la sienne, évoque Franck Cornille qui s'est cassé le bras mardi. Par contre sur la moto, on ne pense jamais à ça.» Un sentiment partagé par l'immense majorité de la tribu des motards amateurs, l'âme du Dakar. Comme Pascal Terry, 40% des 217 motards au départ de Buenos Aires participent à leur premier Dakar. Parfois «afin d'accomplir à 42 ans un défi personnel» à l'image du Belge Stéphane Charlier, restaurateur de plats fins en Belgique, moteur cassé le premier jour et blessé à l'épaule le deuxième. Presque toujours «pour réaliser un rêve de gosse». Jeudi matin, ils n'étaient plus que 146 motards à poursuivre l'aventure.

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Un rallye qui fascine

Doublés par des voitures et des camions qui déboulent à plus de 150, les amateurs sont ceux qui arrivent le plus tard et se couchent aux aurores après avoir parfois bricolé une partie de la nuit à l'instar des motos malles (le surnom des motards qui n'ont pas de mécanos). «Tu prends une pelle, tu rentres à minuit. Tu dois encore «mécaniquer». Tu te fatigues et tout devient compliqué», résume Philippe Dasse dont c'est le premier Dakar et qui craint comme tous le cercle vicieux. «C'est le rallye le plus dur du monde. Il fascine et attire des gens qui ne sont pas toujours assez préparés, analyse froidement le pilote pro américain Steve La Roza, qui a déjà perdu un coéquipier, le sud-africain Elmer Symonds mort sur le Dakar en 2007. Si Jonah Street en venait à gagner le Dakar, je suis sûr que des centaines de pilotes américains voudraient un jour y participer alors qu'ils n'ont pas le niveau.»

La fatalité


Les blessures, les casses mécaniques, la difficulté du parcours, rien n'altère la motivation des amateurs. Au contraire. «Moi je suis content que David Castera ait tracé un Dakar aussi dur cette année. Cette épreuve doit rester une aventure humaine et un défi», tranche Franck Cornille, ami d'enfance du directeur sportif du Dakar et coéquipier de Chrisitian Califano qui a abandonné mercredi soir. Dans cette ambiance de dépassement de soi, les motards expliquent la mort de Pascal Terry par la fatalité: «Elle n'a pas créé de polémique entre nous. Chacun fait son job et chez ASO, ce sont les meilleurs en logistique», poursuit Cornille. Parfois, à mots couverts, les doutes surgissent pourtant: «Ce qui est étonnant, c'est cette histoire de balise que l'on nous dit de déclencher en extrême urgence et qui n'a rien entraîné dimanche soir.»
Combien ça coûte?

L'inscription au Dakar coûte 13.500 euros. Le budget moto est d'environ 25.000 euros. A cela, il faut rajouter les équipements, l'assistance. Bien souvent, un amateur dépense entre 50.000 et 100.000 euros pour participer au rallye.