Où en sont les Français?

SKI Tour d'horizon à moins d'un mois des championnats du monde de

Romain Scotto

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La Française Tessa Worley lors de sa victoire le 29 novembre 2008 dans le Géant d'Aspen.
La Française Tessa Worley lors de sa victoire le 29 novembre 2008 dans le Géant d'Aspen. — Reuters
Depuis l'ouverture de la coupe du monde, fin octobre à Solden, le ski français ne se résume pas aux exploits de Jean Baptiste Grange. Entre révélations et désillusions, petit état des troupes après 14 courses et à moins de quatre semaines du début des championnats du monde de Val d'Isère.

Le Groupe technique (slalom, géant)

Hommes. Suivre la trace de Grange

A la veille du géant d’Adelboden, samedi, les techniciens français peuvent bomber le torse. Avec Jean-Baptiste Grange, ils comptent dans leurs rangs le leader du classement général de la Coupe du monde. Ses résultats (deux victoires et ses deux deuxièmes places en slalom cette saison), tirent d’ailleurs le groupe de David Chastan vers le haut. Derrière lui, les trois meilleurs Français au général sont des techniciens. Pas assez réguliers pour se hisser parmi les meilleurs mondiaux, Thomas Fanara, (5e à Solden) et Gauthier De Tessières (3e à Val d’Isère) ont eu droit à leur coup d’éclat depuis l’ouverture de la saison. Julien Lizeroux, attend lui un résultat de référence pour éclore aux yeux du grand public.

Femmes. La relève se fait attendre

Moins brillantes que les hommes, les slalomeuses et géantistes ne sont pas encore montées sur un podium. En géant, Marion Bertrand n’est pas passée loin lors des trois premières épreuves, mais elle s’est lentement éteinte depuis le début du mois de décembre. La slalomeuse des Deux-Alpes, Sandrine Aubert, commence elle aussi à pointer le bout de ses skis. Tenue à distance du top 5, elle a le mérite d’être souvent présente à l’arrivée. «En prenant conscience qu’elle fait partie des toutes meilleures, elle peut vite franchir un cap, relève Yves Dimier, le DTN français. Avec elle, c’est dans la tête. Si elle arrive à enchaîner deux bonnes manches, elle sera au top.»

Groupe vitesse (super G, descente)

Hommes. Proche du néant

Depuis la retraite d’Antoine Dénériaz, la vitesse masculine se cherche un leader. Au classement de la Coupe du monde de descente, il faut descendre très bas pour trouver la trace d’un Français. A la 24e place exactement où figure Johan Clarey. Et il ne risque pas de remonter. Le skieur de Tignes s’est blessé jeudi aux deux genoux à l’entraînement à Val d’Isère. La suite de sa saison est largement compromise. «C’est un coup dur qui ne va pas aider le groupe à prendre confiance, souffle Dimier. La vitesse homme pêche par manque de leader et il est très difficile de reconstruire.» Il faut donc se tourner vers David Poisson, Pierre-Emmanuel Dalcin, et surtout Adrien Théaux pour espérer un improbable podium en deuxième partie de saison. Selon Dimier, «le jeune descendeur est en pleine progression. Il a terminé plusieurs fois dans les quinze premiers et c’est de lui que peut venir le déclic.»

Femmes. Worley… et c’est tout


Sans le coup d’éclat de Tessa Worley, l’équipe de France féminine de vitesse n’aurait pas beaucoup fait parler d’elle cette saison. Derrière la skieuse de poche, l'expérimentée Ingrid Jacquemot, régulièrement classée entre la 20e et la 30e place, ne parvient pas à retrouver son meilleur niveau. «Pour l'instant, c'est assez laborieux, mais elle progresse, tempère Laurent Chrétien, le responsable du groupe. Sur une course, on peut attendre quelque chose d’elle, tout comme Marie Marchand-Arvier.» De ce début de saison, Laurent Chrétien retient malgré tout une course de référence à Saint-Moritz. «Lors du Super-G, quatre Françaises se placent dans les trente. Ce n’était pas arrivé depuis longtemps et des jeunes comme Marion Roland ou Aurélie Revillet réalisent de belles places en s’élançant avec de mauvais dossards.» Une performance à rééditer.