Pourquoi tant de casse sur le Vendée Globe?

VOILE Les abandons s'accumulent lors de cette sixième édition. Les raisons...

Alexandre Pedro

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Pour gagner un Vendée Globe, il faut d’abord le terminer. Cette évidence a rattrapé 18 des 30 marins engagés au départ des Sables d’Olonne le 10 novembre dernier. Avec déjà 60% d’abandon, la cuvée 2009 se place en deuxième position derrière l’édition 97, où 63% des concurrents n’avait pas bouclé leur tour du monde. Un record qui pourrait tomber, puisque sur les douze bateaux encore à flot, neuf n’ont pas franchi le Cap Horn.

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Si chaque abandon possède son histoire - rien de commun entre la chute de Yann Eliès et la rencontre avec un OFNI de Jean-Pierre Dick - le démâtage reste le mal de ce Vendée, Vincent Riou en est la sixième victime. «Il y a un problème évident de mât», reconnaît Alain Gautier, le monsieur sécurité de la course. «On dénombre autant de démâtage sur ce Vendée que lors des cinq premières éditions réunies. Ce n’est pas normal».

A la recherche du bon compromis

Les skippers étaient pourtant prévenus. «Depuis deux ans, on recense beaucoup plus d’avaries sur les mâts», note Alain Gautier. Pour expliquer cette épidémie, le vainqueur de la course en 1993 estime que le niveau «très relevé du plateau cette année» a incité «les skippers et les architectes à prendre plus de risques sur les choix des matériaux pour faire face à la concurrence. Un kilo en moins sur le mât, c’est cinq kilos gagnés au niveau de la quille».

Comme tout sport mécanique, la course au large relève du compromis entre recherche de la légèreté et fiabilité. Un équilibre qui semble plus pencher du côté de la vitesse pour la dernière génération de monocoque. Cinquième à la barre de l’ancien PRB (le bateau vainqueur en 2001 et 2005), la Britannique Samantha Davies trace sa route sans heurts.

Le matériel ayant de la mémoire, les bateaux payent aussi «la tempête rencontrée dès le départ lors de la traversée du Golfe de Gascogne, à la différence des deux dernières éditions», avance Gautier comme élément à décharge. Mauvaise nouvelle pour les rescapés, ils devront retraverser le terrible Golfe de Gascogne dans le dernier bord vers les Sables d’Olonne. Le matériel risque de ne pas oublier ce tour du monde.