Avis de grand froid pour un chaud derby

Antoine Maes

— 

C'est l'histoire d'un derby qui ne tient qu'à un stylo. Ce matin, à 11 h, Damien Ledentu, qui arbitrera le choc entre Boulogne et Lens de ce soir, tentera d'y planter le sien dans la pelouse du stade de la Libération. En l'espèce, pas besoin d'être un expert : l'aire de jeu est gelée sur 10 cm de profondeur. Jacques Wattez, le président boulonnais, a beau assurer qu'« une brise maritime peut adoucir la température », le spectacle risque de plus ressembler à un match de hockey qu'à un sommet de la L2. A quelques kilomètres de là, le match de National entre Calais et Niort a d'ailleurs déjà été remis. Dernier motif d'espoir : la diffusion sur Eurosport. La chaîne ne se laissera pas facilement priver d'une telle affiche...

Car ce derby a de la gueule. Voilà trente et un ans que les deux équipes ne sont pas affrontées en championnat. Mais Lens n'aurait jamais dû descendre en L2 et Boulogne ne devrait pas y être si bien classé. « C'est sûr que la rencontre aura une saveur particulière. Nous pensions plus rencontrer Boulogne en Coupe de France. Nous avons beaucoup de respect pour ce club, qui a quelques similitudes avec le Racing. Il y a beaucoup de gens qui sont supporters de Boulogne et aussi de Lens. Nous y allons avec beaucoup de plaisir », souligne Gervais Martel.

Pas sûr que ses joueurs soient du même avis. Outre l'état de la pelouse, qui n'avantagera pas les techniciens artésiens, la bande de Grégory Thil fait figure d'épouvantail. « Je suis surpris qu'ils soient 4es. Ils se sont sauvés à la dernière seconde la saison passée. Et ils sont repartis avec l'envie de ne pas connaître une saison aussi délicate », analyse Jean-Guy Wallemme, l'entraîneur Sang et Or. Si les Boulonnais surprennent, les coéquipiers d'Eric Chelle, eux, sont à leur place. Normal, ils sont pour la plupart estampillés L1, au contraire des partenaires de Jean-François Bédénik.

Pourtant, pas de quoi faire de complexes. « Ce sont des hommes comme nous. Des footballeurs professionnels comme nous. Même si la majorité a prouvé qu'ils bénéficiaient de qualités requises pour évoluer à un niveau supérieur, il ne faut pas non plus tomber dans un excès de contemplation », réclame le portier Rouge et Noir. En voilà un que la réputation des Lensois laisse de glace. ■