« C'est important d'avoir un rôle à jouer »

Recueilli par Rémi Bostsarron

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Vous avez retrouvé la compétition en décembre, après deux mois d'absence. Comment avez-vous vécu cette période d'inactivité ?

Ç'a été très dur. Quand je m'étais blessé face à l'Osasuna, j'avais trouvé ça presque normal, car je n'avais pas joué depuis six mois. Mais quand je me suis blessé contre l'AS Rome, je me suis tout de suite posé plein de questions. Qu'est-ce qui se passe ? Est-ce que ça va durer longtemps ? J'avais très mal, en plus. Ensuite, il y a eu un mois et demi de convalescence, puis j'ai rechuté à l'entraînement. Là, ç'a été vraiment chaud. Ça ne m'était jamais arrivé. J'ai craint que le coach commence à douter de moi. Le staff médical avait peur de me faire rejouer. On savait que si j'étais encore touché, c'était une catastrophe. Mais je suis resté calme, j'ai gardé espoir, c'est tout ce que je pouvais faire. Aujourd'hui, je m'entraîne normalement, je me donne de plus en plus en match. Il y a l'avis du médecin, mais il y aussi ce que je ressens. Je me sens bien. J'ai le sentiment que j'en ai fini avec les blessures.

Dès que vous avez été opérationnel, Laurent Blanc vous a fait jouer. Cette confiance vous a-t-elle aidé ?

Bien sûr, c'est important de sentir que le coach compte sur moi, que j'ai un rôle à jouer. Il m'a simplement demandé de faire ce que je sais faire. J'ai marqué dès mon premier match, mais ce n'était pas l'essentiel, pour moi. Je n'y pensais même pas. Je voulais avant tout m'assurer que je n'avais pas de mauvaises sensations, que je pouvais faire tout ce que je faisais avant : les déplacements, le toucher de balle, les gestes. Tout cela me manquait.

Face à Saint-Etienne, samedi, vous avez pris la succession de Yoann Gourcuff en tant que meneur de jeu. Est-ce à ce poste que vous espérez vous fixer aujourd'hui ?

C'est vrai que je me sens bien en numéro 10. Je suis un attaquant, mais j'ai commencé comme milieu, et même milieu défensif, au Brésil. J'ai besoin de marquer, comme tous les attaquants, mais j'aime toucher le ballon, construire le jeu. Faire une bonne passe me donne autant de plaisir qu'un but. Ce qui compte, c'est d'être décisif. De toute façon, aujourd'hui, j'apprécie tous les postes, du moment que je joue. Je n'ai jamais eu autant envie de jouer au football. ■