Pour Abdou Traoré, l'histoire s'accélère

Rémi Bostsarron

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Il l'avoue lui-même : « Ce n'était pas prévu que je joue autant, cette saison... » Titulaire lors des trois derniers matchs de championnat, et encore face à Saint-Etienne en Coupe de France, samedi, Abdou Traoré a gagné la confiance de Laurent Blanc plus vite qu'il n'osait l'espérer. Alors qu'il doit fêter dans dix jours son 21e anniversaire, le milieu malien mesure le chemin parcouru depuis ses débuts au Club Olympique de Bamako, quand il s'imaginait, sans trop y croire, fouler un jour la pelouse bordelaise.

Car Abdou Traoré est un authentique supporter des Girondins. Il a choisi ses couleurs dès qu'il les a vues portées par son idole, Zinedine Zidane. Alors, quand en 2006 un agent le repère et lui propose de passer des essais en France, il n'hésite pas. « J'ai tout de suite demandé à venir à Bordeaux, explique-t-il. Mon essai s'est bien passé, ils ont voulu me garder. C'était un rêve qui se réalisait. Je regardais tous les matchs de l'équipe à la télévision, au Mali. Je voyais ce stade, j'imaginais l'ambiance. Et tout à coup, je pouvais me dire : pourquoi pas moi ? »

Intégré à l'équipe réserve, sous les ordres de Patrick Battiston, le Bamakois travaille, apprend à évoluer à droite alors qu'il jouait numéro 10 dans son pays, et attend son heure. Il devra patienter jusqu'en décembre 2007 pour être lancé en équipe première, par Laurent Blanc. En Coupe UEFA, lors d'un déplacement sans enjeu chez le Panionios Athènes, il fait partie des jeunes pousses envoyées au front et victorieuses (2-3).

C'est sa seule apparition, cette saison-là. Mais il signe tout de même un premier contrat pro de trois ans, et ne perd plus contact avec le groupe, dont il fait régulièrement partie. « Rien qu'en étant dans le vestiaire, j'ai appris beaucoup, assure-t-il. J'ai été tout de suite bien intégré, ça m'a surpris. Je suis très proche de Souleymane [Diawara] et d'Alou [Diarra], ils me donnent des conseils, ils m'encouragent. J'ai besoin de ça. »

Abdou Traoré a d'autant plus besoin d'être entouré qu'en France, il est privé de toute sa famille. Cet hiver, comme d'habitude, il est parti la rejoindre au Mali, et il est revenu avec l'envie de « jouer encore plus », notamment dans ce stade où il se sent aujourd'hui comme chez lui. « Je crois que les supporters m'apprécient, car ils m'ont beaucoup applaudi, confie-t-il timidement. J'ai envie de leur rendre cette confiance. » ■