Nicolas Belliot en Bleu à la force du poignet

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Les Tricolores ne lui ont pas mis un rateau. A défaut d'avoir un Canari en équipe de France de football, Nantes peut se targuer d'avoir un des siens dans celle de baby-foot. Nicolas Belliot (31 ans) fait partie de la sélection hexagonale qui dispute la Coupe du monde, à partir de demain, à Nantes. Ce comptable évoluera donc à domicile. C'est la deuxième fois qu'il est appelé à représenter les Tricolores. Il y a deux ans, en Allemagne, Belliot et ses coéquipiers s'étaient inclinés en demi-finale, contre l'Autriche, sacrée championne du monde ensuite.

C'est en octobre dernier que le natif d'Herbignac apprend sa nouvelle sélection. Son atout ? « J'ai une technique traditionnelle, explique-t-il. Je joue main fermée [pour tenir les poignets] alors que beaucoup jouent main ouverte... » Plus prosaïquement : « J'ai un jeu bien français que les étrangers n'aiment pas. Ma technique n'est pas commune. » Une singularité qu'il travaille depuis treize ans au sein du club nantais, champion de France pour la sixième fois d'affilée en 2008. « J'ai découvert le baby à 15 ans, au lycée de Saint-Gildas-des-Bois, puis j'en ai eu un chez mes parents, se souvient-il. Je jouais seul pendant trois ou quatre heures d'affilée. »

Les années passant et les responsabilités grandissant, la passion s'est quelque peu étiolée. Preuve en est, Nicolas ne possède même pas de baby chez lui. « Avec le boulot et la naissance de mon fils, j'ai un peu lâché. » Ce qui ne l'empêche toutefois pas de retrouver ses copains régulièrement le jeudi. Et là, pas question de fumer une clope ou d'avaler un demi pendant les parties. En effet, la comparaison avec le baby des bars du coin l'agace. « Souvent, quand je dis aux gens que je fais du baby, ils me disent : « Ah ! Tu joues au baby dans un café, avec une bière à la main et la clope à la bouche... » Mais qu'ils viennent nous voir jouer et ils verront si ce n'est pas un sport. » ■ David Phelippeau