Jérémy Toulalan ou l'anti «star system»

FOOT Portrait de international français issu de la formation nantaise...

David Phelippeau

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L'émotion du départ des sept est encore là. "C'était dur pour tout le monde, on était pas mal à avoir les boules", confie Jérémy Toulalan
L'émotion du départ des sept est encore là. "C'était dur pour tout le monde, on était pas mal à avoir les boules", confie Jérémy Toulalan — Franck Fife AFP

Sur le terrain, il joue pour les autres. Et dans la vie de tous les jours, ce sont les autres qui en parlent le mieux. Dans le monde artificiel du ballon rond, Jérémy Toulalan est un joueur atypique. Au quotidien, un homme ordinaire. Titulaire incontournable à Lyon comme en équipe de France, ce milieu de terrain de 25 ans incarne le dernier joyau de la formation nantaise.

«Et dire qu’il ne voulait sans doute pas en faire un métier quand on s’est connus, en rigole son ami de toujours et ancien coéquipier du FCN, Denis Stinat. Je me demande s’il n’avait pas fait une formation d’ébéniste ou de menuisier!» «Le foot, c’était un plaisir pour lui lorsqu’il était gamin, dit en écho son père Christian. Quand Nantes est venu le chercher à la Saint-Pierre, il a même hésité. Il ne voulait pas quitter ses copains.»

«Timide, simple et modeste»


Tout jeune, le ballon, Jérémy le martyrisait sur les pelouses de la banlieue nantaise et… au Parc du Grand Blottereau. «Ah, ça, c’était notre sortie du dimanche. Et on y allait par tous les temps!», raconte son père, qui se muait en entraîneur une fois l’équipement de son fils enfilé. A presque 11 ans, devant l’insistance de quelques superviseurs nantais, le jeune garçon s’habille de jaune pour douze années.

«C’était le Jérémy qu’on connaît maintenant, se souvient Jean-Claude Bauduin, son entraîneur chez les 15 ans. Un garçon timide, simple et modeste…» «Pétri de talent mais irrégulier, ajoute Denis Stinat. On lui a beaucoup reproché vers l’âge de 15 ou 16 ans. Ça vient sans doute du fait que personne n’avait vraiment trouvé son poste. Mais quand Loïc Amisse l’a posé au poste de milieu défensif, il a fait un tabac.»

Un joueur attachant

Quelques semaines après, en 2002, il se révèle au grand public lors d’un match sans enjeu de Ligue des champions au Bayern de Munich avec les Canaris. C’est le début d’une ascension vertigineuse. Le footballeur progresse à pas de géant. L’homme ne change pas. «Il est toujours resté le même, confie son meilleur ami et ancien coéquipier Pascal Delhommeau. C’est rare dans ce milieu. Il reste humble, simple et naturel.» S’il évite les projecteurs, ce n’est pas par fatuité, mais «par pudeur», selon Stinat.

«Il n’a rien à voir avec les autres footballeurs, estime, très fier, son père. Quand le match est fini, il rentre chez lui rejoindre sa femme et ses deux enfants.» Et Denis Stinat de conclure: «Il aime les choses simples de la vie, et c’est ce qui le rend attachant.»